IV. — LA FAMILLE CHEZ LES NAÏH^ DU MALABAR
En premier lieu, nous avons à examiner ce qu'est la famille chez les Naïrs du Malabar, dont j'ai précédemment décrit la curieuse polyandrie. Les Naïrs du Malabar ne sont point des sauvages ; ils forment une caste aristocratique. Nous avons vu comment, dès le plus jeune âge (dix à douze ans), les jeunes filles naïres, après avoir été solennellement déflorées par un étranger, loué et payé à cet effet, pratiquaient la plus large polyandrie, sans autre restriction que des prohibitions relatives à la caste et à la tribu. Comme il est ordinaire et même naturel, la polyandrie naïre coexiste avec un système de filiation maternelle. On s'est arrangé pour que les libres et multiples unions des dames naïres ne détruisent point la famille. Les maris naïrs sont réduits au rôle modeste de progéniteurs ; mais c'est à la femme qu'appartient la fortune de la famille. Pourtant ce n'est pas la mère qui gouverne la famille, mais bien son frère. C'est à ce frère, qu'échoit le devoir d'élever ses neveux, de les pro-