L. Morgan, Ancient SocietieSy p
LET0URNE4r. — L'Évolution du Mariage. tl
4U L'ÉVOLUTION Ht MAKIA(.t: ET DR LA FAMILLE.
revendiquait un commun ancêtre masculin ; mais le droit de la gens à l'héritage, dans certains cas, la possession d'un ager publicus attestaient encore Tan tique communauté des biens et nombre d'indices, de traditions, témoignaient en faveur de Texistence préhistorique d'une phase familiale maternelle, ayant précédé Tagnation. — Bachbofen va bien plus loin, et non sans vraisemblance. II veut, par exemple, que la parenté ait d'abord été confuse dans le clan latin. Il allègue, à ce propos, que du temps de Numa, » le mot parricide signifiait non le meurtre d'un père, mais celui d'un homme libre quelconque; que, dans le tribunal de famille, figuraient les cognats de la femme, que les cognats portaient le deuil les uns des autres; que les cognais de la femme et ceux du mari d'une femme avaient sur elle le jus osculiy le droit de l'embrasser, etc. ; enfin que l'Étrusque Servius, le fondateur de la liberté plébéienne, fut conçu, dit la légende, pendant une grande fôte annuelle, durant laquelle on revenait au désordre sexuel primitif *.
Le 7£vo; grec ressemblait à la gens romaine. Les membres avaient une sépulture commune, des biens communs, l'obligation mutuelle de la vendeUtty un archonte *.
Dans ces clans protohistoriques de la Grèce, la filiation maternelle s'établit tout d'abord. Les Cretois disaient matrie (juLY3T/5eç) et non patrie (notTpiç). Dans l'Athènes primitive, les femmes avaient droit de vote et leurs enfants portaient leur nom, privilèges qui leur furent retirés, dit la légende, pour apaiser la colère de Neptune, après une inondation*. La tradition relate aussi qu'à Athènes et jusqu'à Cécrops, les enfants portaient le nom de leur mère*.