III. — l'avknih
(Jue deviendront le mariage et la famille? Pour qui n'est l»oint prophète par grâce divine, vaticiner est fort hasardeux. Pourtant l'avenir sort des flancs du passé, et, après avoir
I . Fi]e ! Fye ! Fye ! Pah IPah ! Give me an ounce of civet ^ good apothecary^ lo sweeten my imagination (le Roi Lear^ se. xxii).
Ui L-tTOLTTK» MT MAftUGE ET DE LA FAXILLE.
patiemment scruté TéTolution dans les âges écoulés, il est légitime de risquer quelques inductions sur les âges futurs. Sans doute, les formes primitives du mariage et de la famille persisteront, sinon toujours, comme le croit Herbert Spencer, au moins bien longtemps cbez certaines races inférieures, protégées et en même temps opprimées par des climats, que Thomme civilisé ne saurait impunément braver. Ces préhistoriques attardés subsisteront dans les zones insalubres, commes des témoins d*un passé fort lointain, rappelant aux races plus développées leurs humbles origines. Mais, chez ces dernières, la forme du mariage et de la famille, qui sans cesse a évolué, ne saurait évidemment rester immuable dans lavenir. Le petit monde humain ne conuait pas plus le i*epos que ne le fait le milieu cosmique d*où il est sorti et qui Tenserre. Entre les peuples, comme entre les individus, la concurrence vitale et la sélection font leur œuvre. Or, quand il s'agit d'institutions aussi essentiellement vitales que le mariage et la famille, la moindre amélioration est de haute importance; elle influe >ur le nombre et la qualité des nouvelles générations, sur la chair et l'esprit des peuples. Toutes choses égales d'ailleurs, la prépondérance, pacifique ou non, écherra toujours aux nations, qui produiront un plus grand nombre de citoyens plus robustes, meilleurs et plus intelligents. Souvent ces nations mieux douées absorberont ou remplaceront les autres ; toujours en fin de compte elles seront docilement imitées par elles. — L'ethnographie et l'histoire nous indiquent le sens de l'évolution dans le passé. Constamment les sociétés ont marché de la confusion à la distinction. Le mariage monogamique a succédé à divers modes plus confus d'association sexuelle. De même la famille est le débris ultime de vaste communautés à parentés mal définies. A son tour, la famille elle-même s'est restreinte. Au débul