‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 400 sur 406 · LE MÂHIAGË ET LA FAMILLE. U · texte numérisé non relu

LE MÂHIAGË ET LA FAMILLE. U

elle était encore une sorte de petit clan; puis elle s'est réduite à n'être plus essentiellement que le très modeste groupe formé par le père, la mère et les enfants. En même temps le patrimoine familial s'émiettait, comme s'était auparavant morcelé celui du clan : il devenait individuel — Que nous réserve l'avenir? La famille va-t-elle se reconstituer par un lent mouvement de régression, comme le croit Herbert Spencer*? Rien n'est moins probable.

Les institutions ont cela de commun avec les fleuves qu'elles remontent difficilement vers leur source. Si parfois elles semblent rétrograder, ce n'est le plus souvent qu'une pure apparence, résultant d'une sorte de rythme sociologique. En effet la lin et le commencement peuvent affecter une analogie superficielle, masquant une différence profonde. Ainsi l'athéisme inconscient des Cafres n'a rien de commun avec celui de Lucrèce et rien n'est moins analogue que l'anarchie égalilaire des Fuégiens et l'individualisme américain. Si, comme il est probable, l'évolution individualiste, depuis si longtemps commencée, se continue dans l'avenir, la famille civilisée, c'est-à-dire la dernière unité collective des sociétés, devra se désagréger encore et, en fin de compte, ne plus subsister que dans la généalogie, scientifiquement enregistrée avec un soin de plus en plus grand, car il est et sera toujours important de pouvoir préjuger comment « la voix des ancêtres » peut parler dans l'individu. Mais de l'émiettement môme de la famille résultera la reconstitution d'une plus grande unité collective, ayant des intérêts communs et ressuscitant sous une autre forme la solidarité sans laquelle aucune société ne saurait durer.

Mais cette collectivité nouvelle ne sera nullement un calque du clan primitif. Qu'elle s'appelle État, district, can-

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