LÉvoluiitm de la Momie
7(1 LlVOLUTlON DU MARIAGE ET DE LA FAMILLE
hors (le propos, mais je rappellerai les conclusions de l'enquête à laquelle je m'étais livré. — La pudeur est un sentiment humain par excellence, et elle est totalement inconnue aux animaux, auxquels pourtant le besoin génésique inspire des désirs et des passions essentiellement identiques à ce que, chez l'homme, nous appelons amour ; elle est donc sûrement un sentiment artificiel, et l'ethnographie comparée nous montre qu'elle a dû résulter de la chasteté obligatoirement imposée à la femme, sous les peines les plus terribles. En effet le mariage primitif ne mérite guère le nom de mariage ; c'est simplement laprisedepossession d'une ou deplusieurs femmes })ai* un homme, qui les détieflt au même titre que toute autre propriété et assimile rigoureusement au vol l'adultère non autorisé par lui. C'est de cette contrainte féroce qu'est résultée, chez la femme surtout, la formation d'empreintes mentales particulières, correspondant psychiquement au sentiment de la pudeur et déterminant une certaine retenue sexuelle, tout instinctive. Mais cette inhibition morale est très faible encore chez les races peu cultivées et, dans le genre humain tout entier, elle existe surtout chez la femme ; c'est une particularité sexuelle du caractère et elle est d'origine relativement récente.
A la condition d'avoir bien présentes à l'esprit ces considérations préliminaires, on ne sera pas trop surpris des formes d'association sexuelle dont je vais avoir à m'occuper; elles sont étranges et choquent singulièrement nos idées et nos mœurs. On s'en étonnera moins encore, si Ton est renseigné sur l'extrême licence des mœurs, autorisée dans nombre de sociétés sauvages et barbares.
Pour nous autres, civilisés, rien de plus surprenant que l'état mental de l'homme peu cultivé relativement à ce que nous appelons par excellence « les mœurs ». Ce n'est pas de l'impudeur; c'est une absence animale de pudeur. Des actes.