‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 75 sur 406 · FORMES SINGULIÈRES DASSOGIATION SEXUELLE · texte numérisé non relu

FORMES SINGULIÈRES DASSOGIATION SEXUELLE

fort naturels à coup sûr, puisqu'ils sont l'expression d'un besoin pfimordial, essentiel à la durée de l'espèce, mais qu'une longue éducation ancestrale et individuelle nous a dressés h soumettre à une contrainte rigoureuse et à l'accomplissement desquels nous ne pouvons par suite nous défendre d'attacher une certaine honte, ne choquent en rien la conscience, fruste encore, de l'homme primitif. A ce sujet, les faits éloquents abondent ; fen citerai quelques-uns.

En Tasmanie, c'était, pour les femmes, un honneur de se prostituer aux Européens, ennoblis, aux yeux des indigènes, par le prestige de leur supériorité*. Les Australiens, un peu plus développés cependant que les Tasmaniens, prêtaient ou louaient volontiers leurs femmes, celles qui étaient bien leur propriété, à leurs amis*. Celles-ci d'ailleurs n'étaient pas moins bestiales que leurs mâles. Souvent, nous dit Peltier, elles se livraient, à coups d'épieu, de furieux combats pour la possession d'un homme. C'est là un cas particulier et tout humain de cette loi de combat, dont j'ai parlé à propos des animaux. Comme les femelles des animaux, du reste, les Australiennes adoraient la force, et, quand, dans une bataille, les hommes de leur horde avaient eu le dessous, elles passaient parfois de leur plein gré dans le camp des vainqueurs (Mitehell)'. Dans ces faits rien d'exceptionnel, et nous pouvons changer de pays sans changer de mœurs. Ainsi les Bochimans traitent leurs femmes comme de simples animaux domestiques et les offrent volontiers aux étrangers *, comme le font les Australiens.

Aux lies Andaman et bien ailleurs, les femmes se livrent, avant d'être mariées, c'est-à-dire de devenir la propriété d'un

i. Wake, t. I*', p. 77.

Page 1