‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 85 sur 406 · FORMES SINGULIÈRES D'ÀSSOGIATION SEXUELLE · texte numérisé non relu

FORMES SINGULIÈRES D'ÀSSOGIATION SEXUELLE

il très aimé dans sa tribu, garde bien rarement une ) que convoite un homme plus fort que lui. Cette ne existe dans toutes les tribus \ »

nême, chez les Indiens Copper et Chippeouays, la femme B propriété mal respectée et que le plus fort peut touravir au plus faible ^.

lardson dit aussi que chez les Peaux-Rouges tout 6 a le droit d'en défier un autre h la lutte et, s'il est leur, de lui enlever sa femme ^ nés mœurs chez les Indiens de l'Amérique du Sud, au chez certains d'entre eux. Ainsi Azara rapporte que lanas ne se marient jamais avant vingt et quelques Sy car plus tôt ils seraient battus par leurs rivaux *. a voulu voir dans ces conflits l'équivalent de ce qu'on e, chez les animaux, « la loi de combat », mais l'assion n'est pas exacte et les animaux semblent ici beaucoup lélicats que les hommes. S'ils luttent, c'est avant de rier, et, en outre, comme nous l'avons vu, leurs luttes ouvent courtoises, l'équivalent des tournois de nos es ; souvent même le but de ces assauts est bien moins de er la femelle que de la séduire en faisant valoir sous lis les qualités dont on est doué : le courage, la force, ise, la beauté. De son côté, la femelle, pour laquelle on e, redoute si peu la violence, que d'habitude elle assiste lillement aux duels et se donne ensuite, on peut dire lent, au vainqueur. Nous savons môme que, pour cerespèces d'oiseaux, le tournoi brutal est remplacé par irnoi lyrique, si ardent, que parfois l'un des conits en meurt d'épuisement.

irne, A Joumey from Prince of Wales fort, p. lOi (1796). nklin, Joumey to ihe shores oftlie Polar Sea^ L VIU, p. ^3. lardson, Boat Joumey, t. U, p. 2i.

win, Dencendance, p. 61 i.

8« I/ÉVOUTIO.N DU MAHIACK ET l)K LA FAMILLK.

Enlin le plus souvent, une fois Tassant tonniné, quand les roupies sont appariés, quand le mariaf^e est eonclu, touto rivalité cesse, les nouveaux époux s'isolent plus ou moins ol ne sonjjent plus qu'à créer une famille. Or, ce sont là des délicatesses inconnues dans rimmanilé primitive, où les rivalités au sujet de la possession des femmes ressemblent bien plus aux luttes des vieux mâles avec les jeunes dans les hordes de {gorilles ou de chimpanzés. C'est qu'en effet la moralité sexuelle de l'homme primitif ne diffère pas extrêmement de celle des singes anthropomorphes et elle est tout à fait étrangère aux raflinements esthétiques et poétiques de certains oiseaux.

J'airêterai ici mon enquête sommaire sur les t rnœurs i de l'homme primitif et sur les modes excentriques d'union conjugale, qui, chez divers peuples, ont précédé l'institution d'un mariage plus durable, plus exclusif et plus solennel.

Ce n'est pas sans étonnement que nous constatons, chez l'homme peu développé, l'existence d'un laisser-aller animal complet, d'ime totale absence de scrupules aujourd'hui profondément incarnés en nous. Ces grossiers écarts, les anthropologistes, qui s'entêtent à faire de l'homme un être à pail dans l'univers, ferment les yeux pour ne pas les voir.- Les transformistes sont moins timides et ils ne craignent pas de regarder la vérité e*n face.

Si, comme on ne le saurait nier, l'homme est, au même litre que tous les êtres, justiciable des lois de l'évolution, force est bien d'admeltre qu'il a dû passer par des phases fort inférieures de développement physique et moral. Vhom sapiens provient sûrement d'un antique ancêtre pithécoïde, t4 cette tache originel^* a nécessairement pesé sur son évolution morale.

Mais à ce propos il importe de faire une distinction. Entre la grossièreté morah» du sauvage et la dépravation raflinée.

FORMES SIN(U:LIÈKE.S n'ASSOCIATION SEXUELLE. 8y

la ressomblanco ost toiilc siipoiliciollc. Qui songe à trouver choquantes les mœurs des animaux? Or celles de l'homme primitif' sont tout aussi innocentes et la brutalité du sauvage n'a rien de commun avec la régression morale du civilisé atteint de déchéance.

Rien de plus dissemblable que TAléoute, imitant sans penser à mal les loutres de mer et tel Européen dégradé par les vices de notre civilisation. Pour ce dernier, l'avenir est clos ; il y a des pentes qu'on ne remonte pas. Au contraire, avec l'aide du temps et d'une culture convenable, la postérité du sauvage pourra s'afliner moralement, car il y a là des forces vives encore intactes. L'homme primitif est neuf encore et il possède nombre d'énergies latentes, susceptibles de développement. En résumé, le sauvage est un enfant; te civilisé, moralement déchu, est un vieillard caduc.

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