CHAPITRE PREMIER
L'APPARETION DU PARKINSONISME
Époque d'apparition. — Il n’est point aisé de fixer le début du parkinsonisme, la discrétion et l’insidiosité des premiers symptômes sont telles que les malades sont généralement incapables de se les rappeler avec précision. Si, pour certains, les premuers signes sont apparus au moment de l’épisode aigu, alors que les malades étaient encore sous un contrôle médical, chez beaucoup d’autres le parkinsonisme s’est établi insidieusement alors qu'ils avaient repris leurs occupations habituelles. Ainsi, dans la majorité des cas, l’anamnèse seulg permet dans une certaine mesure de préciser l’époque d’apparition.
Nous étudierons successivement l’époque d’apparition d’après nos observations, d’après les travaux qui ont été publiés et nous envisagerons ensuite les facteurs qui peuvent avoir une influence sur lapparition du parkinsonisme.
Voici ce qu'il nous paraît convenable de retenir
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de l’interrogatoire des 50 malades dont l’observation sert de base à ce travail :
19 Apparition des premiers troubles contemporains de l’encéphalite ou la suivant immédiatement : DICASE
20 Apparition des premiers troubles postérieurs à l’encéphalite
a) de quelques mois : 14 cas
b) de un à deux ans : 17 cas.
ce) de 3 ans à 6 ans : 14 cas
Ces chiffres sont très suggestifs, ils donnent une moyenne exacte. On voit d’abord que le parkinsonisme apparaît en général à une époque ou la maladie encéphalitique semble depuis longtemps éteinte ; sur les 18 parkinsoniens actuellement hospitalisés à Brévannes, 13 d’entre eux ont présenté les signes d’un parkinsonisme évident alors que tout faisait croire à une guérison complète et définitive.
Dans les cas où le parkinsonisme suit de très près l’encéphalite, nous nous trouvons en présence d’un. syndrome si particulier qu’il faut alors se demander si la gravité et l’évolution de la maladie n’ont pas été déterminées par l’acuité du processus encéphahtique. |
L’exemple de certains de nos malades est, à ce point de vue, fort suggestif. En effet, chez trois d’entre eux actuellement grabataires, l'apparition du parkinsonisme a été contemporaine de l’encéphalite. C’est le cas de V... Madeleine.
Cette malade est arrivée à Brévannes en octobre
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1926 pour un parkinsonisme généralisé. On apprend qu’en mai 1924, elle fut obligée de s’aliter : température élevée accompagnée de céphalée et de diplopie, de troubles de la marche et d’un tremblement généralisé. Sans aucune rémission le parkinsonisme s’est étendu, et en décembre 1929, la malade était déjà grabataire.
Les formes à début précoce sont toujours les plus graves. La plupart des malades que nous avons vu mourir furent aussi des parkinsoniens dont le parkinsonisme avait été contemporain de l’encéphalite ; leurs observations se calquent sur celle de la malade n° 246. L...- Jeanne présente en février 1919, un épisode aigu se traduisant par une température élevée, de la céphalée et une somnolence invincible. Hospitalisée à la Salpêtrière, le diagnostic d’encéphalite est porté. Quelques jours plus tard, apparaît une raideur généralisée accompagnée d’un tremblement discret. En avril 1922, la malade incapable d’effectuer aucun mouvement est hospitalisée à l'hôpital Tenon. Lors de son entrée à Brévannes en avril 1924, l’évolution a été à ce point rapide que la malade est une grande parkinsonienne grabataire et cachectique. Elle meurt d’ailleurs quelques jours après son hospitalisation. Il convient de noter que pendant toute sa maladie, la température avait présenté des irrégularités et durant les quelques jours de son hospitalisation à Brévannes, elle resta aux environs de 390.
On voit par ces deux observations, comment l’en- Thèse Picard. 2