ANS
PriRoger 27 ans:
Mai 1920. — Encéphalite léthargique ayant duré un mois.
Novembre 1920. — Fatigabilité excessive à la marche,
due à une légère rigidité des membres inférieurs.
Mai 1921. — Tremblement de la main gauche, puis de la tête. Accentuation des troubles de la marche.
Juin 1921. — Hospitalisé à Saint-Antoine. Aggravation du syndrome.
Janvier 1922. — Le malade ne peut plus marcher seul.
Il est hospitalisé à Brévannes le 30 août 1922.
Examen à l’entrée. — La rigidité est généraligée mais peu intense. Elle est surtout prononcée au membre supérieur droit dont la main et l’avant-bras sont en flexion ; les mouvements y sont impossibles.
La tête est animée d’un tremblement continu à oscillations moyennes. Aux membres supérieurs, le tremble-
Thèse Picard, 7
AS
ment est beaucoup moins marqué, il est à peine perceptible aux membres inférieurs.
Depuis 6 mois la marche est impossible ; le malade ne peut ni s'habiller ni manger seul.
L'état général est excellent.
Examen le 5 janvier 1925. — La rigidi.é n’a pas augmenté d'intensité, elle est toujours généralisée mais peu intense. Le tremblement est toujours très marqué à la tête qui est animée d'un tremblement continu à oscillations moyennes, non augmenté par les mouvements.
Le malade est incapable de se lever, de s’habiller et de manger seul. Îl passe ses journées à lire dans un fauteuil au pied de son lit.
18 Octobre 1925. — Le malade est dirigé sur l’Hospice de Bicêtre. |
30 Juillet 1930. — À nouveau hospitalisé à Brévannes après un séjour de 5 ans à Bicêtre. On retrouve exactement le malade qui nous avait quitté en octobre 1925. Il est toujours incapable de marcher, de s’habiller seul. [I] avoue ne voir aucun changement en bien ou en mal survenir dans son état. ;
15 Juin 1932. — Malade étendu dans son lit au facies figé. La tête est animée d’un tremblement d'intensité moyenne. Le tremblement est discret aux membres supérieurs et aux membres inférieurs.
La rigidité est généralisée et prédomine au niveau de la main et de l’avant-bras droits qui sont en flexion. Tout essai de mobilisation passive y est difficile.
Sur les autres segments, les mouvements actifs se font avec difficulté et avec lenteur, mais la mobilisation passive est possible.
Le malade ne peut ni marcher, ni manger, ni s’habiller seul. Son intelligence est intacte, il lit beaucoup.
[l'est plutôt taciturne et il lui arrive d’avoir de brusques mouvements de colère.
sk. {108 MN sis LOPHNUE
Mars 1933. Nous avons reçu ce malade et n'avons noté aucun changement dans son état. Une radiographie pulmonaire a été faite à cette date sans montrer d'image suspecte.
PARKINSONISME CONTEMPORAIN À L'ENCÉPHALITE. Ma- LADE GRABATAIRE. L'’ÉVOLUTION SEMBLE ARRÊTÉE DEPUIS 4 ANS.
G... Raymond : 20 ans.
Décembre 1919. — Encéphalite grave à forme oculoléthargique ayant duré trois semaines, à la suite de laquelle est apparu progressivement un syndrome parkinsonien qui a évolué rapidement et qui dès l’année 1928 a fait du malade un grabataire.
10 Septembre 1929. — Est hospitalisé à Brévannes. C’est un grand parkinsonien grabataire, incapable de s’exprimer correctement. On ne peut savoir l’histoire exacte de l’évolution de sa maladie.
La rigidité est généralisée et intense, empêchant tous les mouvements. Le malade ne peut même pas se retourner dans son lit. Le tremblement est généralisé et très marqué. L'état général est mauvais, il existe une grosse atrophie musculaire généralisée.
Octobre 1932. — Il semble que le malade reste stationnaire. La rigidité et le tremblement sont toujours très marqués, le malade ne peut pas faire un mouvement.
Mars 1933. — Même état.
PARKINSONISME APPARU TROIS ANS APRÈS L ’ENCÉPHALITE. L'EXTENSION S'EST FAITE PENDANT TROIS ANS. PARKIN- SONISME STALIBISÉ DEPUIS CINQ ANS.
À... Marie : 23 ans.
Décembre 1921. — La malade dit être restée pendant trois Jours et trois nuits sans dormir. Elle n’a pas eu de température, mais souffrit d’une céphalée violente pendant une huitaine de jours. Le diagnostic d’encéphalite fut posé à ce moment-là.
Février 1925. — Un tremblement léger des mains et des pieds apparaît.
Jusqu’en 1928, ce tremblement s'aggrave peu à
peu et s’accompagne d’une lenteur des mouvements occasionnée par une rigidité généralisée. La malade se fait hospitaliser à l’hôpital Necker où elle reste jusqu’en juin 1929.
Pendant ces 4 ans, le parkinsonisme s’établit petit à petit.
8 Novembre 1929. — Elle est hospitalisée à Brévannes. C’est une parkimsonienne valide.
La rigidité est généralisée, elle prédomine dans la région cervicale et au niveau des avant-bras qui sont fléchis et rapprochés du corps.
La tête est inclinée sur le thorax.
Le tremblement est peu accusé ; il existe à la langue et apparaît au niveau des doigts après un effort. Aux membres inférieurs, il existe un mouvement de pédales qui est intermittent. La malade est valide, elle se lève, s’habille, mange seule. La marche est facile.
L'état général est bon, depuis le début de sa maladie, la malade à grossi beaucoup.
28 Novembre 1931. — Erysypèle de la face. À cette
occasion, tous les signes de parkinsonisme se sont exagérés. On aurait pu croire à une poussée évolutive, mais en réalité 1l n’en était rien, l’exagération des signes a été parallèle à la courbe de température, et le parkisonisme resta stationnaire.
Octobre 1932. — Aucun changement ne peut être noté. Mars 1933. — Depuis 5 ans, l’état de la malade ne change
pas.
PARKINSONISME APPARU DEUX ANS APRÈS L'ENCÉPHALITE. LA PÉRIODE D'EXTENSION À DURÉ QUATRE ANS. STABI- LISATION DEPUIS TROIS ANS.
H... Simonne : 26 ans.
Août 1925. — Encéphalite se traduisant par une céphalée violente et de la somnolence, sans épisode fébrile aux dires de la malade.
Juillet 1927. — Le tremblement des mains apparaît, et rapidement se généralise.
La rigidité fait également son apparition à cette date.
1930. — La malade ne peut plus vaquer à ses occupations elle est hospitalisée à la Pitié. Pendant son hospitalisation elle reçoit plusieurs séries de salicylate de soude intraveineux.
Mai 1930. — Entre à Brévannes.
C’est une parkinsonienne typique, valide.
La rigidité prédomine à gauche. Les membres supérieurs sont en demi-flexion.
Le tremblement est lent surtout marqué aux mains et aux doigts.
L'état général est bon. La malade mange, s'habille et marche seule.
Juin 1931. — Le parkinsonisme s’est légèrement étendu. La rigidité qui était peu marquée aux membres inférieurs entraîne maintenant des troubles de la marche, car les jambes sont en extension forcée.
Octobre 1932. — Etat stationnaire. La malade mange, marche, s’habille seule. Elle présente un bon état général. Mars 1933. — Aucun symptôme nouveau n’est apparu.
Le tremblement est surtout marqué au moment des efforts. La malade marche, mange, s'habille seule. On croit pouvoir affirmer une stabilisation.
PARKINSONISME APPARU 6 Mois APRÈS L'ENCÉPHALITE. Depuis 1931, DATE DE SON ENTRÉE DANS LE SERVICE, ÉTAT STATIONNAIRE.