APPARITION DES GRANULES
lorsque les éléments chromatophiles deviennent insuffisants, par suite de l’âge ou de l’attaque violente ou prolongée des poisons, soit que ces éléments se transforment en granules pigmentaires, comme le pense Marinesco, soit qu'il se produise de nouvelles émissions nucléaires.
En résumé, la cellule nerveuse Jeune est admirablement organisée : La chromatine du noyau y est entourée d'une sorte d'écran, d'origine nucléaire, fixant les poisons ; le noyau est ainsi à l'abri et ne présente pas les phénomènes consécutifs à son intoxication, à savoir : 1° les émissions chromatiques (production du pigment); 2° les processus caryokinétiques. Remarquons que si les poisons sont sans action sur le noyau, ils influencent par contre d'autant plus le protoplasma. Ainsi s’expliqueraient à la fois la longévité de ces cellules et leur extrême sensibilité aux agents extérieurs : la cellule nerveuse est impressionnée, mais non détruite; elle sent (cellule sensorielle) et elle se souvient (cellule centrale).
Mais tout vterllit, et tôt ou tard le merveilleux assemblage de plastidules qui constituent l’organisme complexe qu'est la cellule nerveuse se disloque, et alors on retrouve la réaction de toute cellule en présence de l'attaque chimique : La production du pigment.
Conséquences. — PARALLÈLE ENTRE LES CELLULES PIG- MENTÉES ET LES CELLULES REPRODUCTRICES.— CAUSE DES MÉTA- MORPHOSES. — Nous venons de voir que la chromatine est
excessivement sensible aux variations chimiques du milieu qui l’environne. Sous l'influence de l’intoxication, le noyau peut présenter : 1° des phénomènes d’émission chromatique, d'où résulte souvent la pigmentation; 2° des phénomènes de division (caryokinèse).
Les intoxications chez les animaux sont habituellement d'origine interne, c’est-à-dire dues aux produits d'excrétion ; ceux-ci sont rejetés, ou bien par la peau, ou bien par le tube digestif, ou encore par les parois de la cavité générale; à la surface des membranes épithéliales, les régions plus particu-
tions, — quelles sont donc ces réactions aussi déterminées? — 20 qu'elles renferment une autre substance que la matière colorante, — comme si les granules pigmentaires n'avaient pas juste-
ment cette composition.
lièrement excrétrices sont celles qui se pigmentent ou qui deviennent le siège d’une prolifération reproductrice. Les cellules pigmentées et reproductrices seraient en définitive celles qui ont subi un remaniement plus ou moins considérable du noyau, sous l'influence d'intoxications internes et parfois externes.
Cette hypothèse est assez suggestive, car elle nous permet de comprendre un certain nombre de phénomènes biologiques.
1° Les cellules nerveuses, qui ne se pigmentent pas, parce que leur noyau est protégé contre les intoxications sans doute par l'appareil chromatophile, ont perdu la faculté de se reproduire elles-mêmes, et à plus forte raison de reproduire l'organisme parent.
2° Les cellules génitales, au contraire, généralement très pigmentées grâce à l'absence d'un appareil protecteur contre les poisons, ont pour principale fonction la reproduction. Metchnikoff a montré de plus qu’elles absorbent en quantité considérable des poisons, et que différentes toxines (tétanos, etc.) s'accumulent au niveau des ovaires.
Les cellules reproductrices ne seraient que des cellules somatiques ayant subi une intoxication particulière.
Quand l’intoxication augmente, soit par suite de l'influence du milieu extérieur, soit par suite de l’usure ou de l'insuffisance des organes excréteurs, la production des éléments génitaux est plus précoce et plus abondante. Chez les vers parasites qui sont asphyxiés et intoxiqués au sein de leurs hôtes, les cellules embryonnaires, quelle que soit leur origine, se convertissent en cellules reproductrices.
Ainsi s’expliquerait la progénèse (reproduction par l’embryon) : elle serait la conséquence des intoxications externes ou internes de l’organisme, — de la vie parasitaire, — de l’insuffisance rénale ; les phénomènes de pédogénèse (reproduction par l'adulte qui conserve des caractères larvaires) qu'on peut considérer comme des cas de progénèse commençante se rencontrent précisément chez les vertébrés au rein insuffisant : poissons, amphibiens.
Ainsi s’expliqueraient également les métamorphoses, phases de la vie des animaux, où les intoxications externes et internes se manifestent toujours par la production du pigment, et souvent par l’évolution génitale. Il semble donc que la théorie émise récemment par Pérez, qui veut que la métamorphose