LES
CANCERS ÉPITHÉLIAUX
HISTOLOGIE — HISTOGÉNÈSE
ÉTIOLOGIE — APPLICATIONS THÉRAPEUTIQUES
Par FABRE-DOMERGUE
Docteur ès sciences, chef de laboratoire à la Faculté de médecine de Paris.
x volume grand in-8° raisin, de 462 pages, avec 142 figures, dont 76 em couleurs. et 6 planches chromolithographiques hors texte, cartonné à l'anglaise. — Prix : 30 francs. h
Les Cancers épithéliaux constituent par leur nombre et leur fréquence la majeure partie des affections que l’on a l'habitude de grouper sous le terme générique et un peu vague de cancer. Les Sarcomes, au contraire, ou cancers conjonctifs, sont plus rares et doivent — de par leurs carac-
.tères cliniques aussi bien qu'histologiques — être l'objet d'une étude
spéciale. C’est à la première catégorie de tumeurs que l'ouvrage de M. Fabre-Domergue est entièrement consacré.
L'auteur s’est attaché avant tout à donner dans son livre une idée très générale et très nette de l’origine histogénétique des cancers épithéliaux. Au lieu de chercher à en multiplier les types de description sans les réunir par des liens communs, il a voulu démontrer que, du tissu normal au tissu néoplastique le plus aberrant, il existe tous les termes de transition, et que chaque tissu de l'organisme peut de la sorte présenter le même tableau histogénétique, avec des plans rigoureusement parallèles et comparables les uns aux autres.
Mais la démonstration de l'unité histogénétique des tumeurs épithéliales, bien que de nature à jeter un certain jour sur les observations cliniques relatives à ces affections, ne constituait qu'une solution approchée de la question de leur origine. M. Fabre-Domergue a poussé plus avant dans cette voie, en montrant que la cause mécanique de la formation de toute tumeur épithéliale n'était que le résultat de la désorientation des plans de division de ses cellules constitutives. À une désorientation peu accentuée correspondent les Papillomes et les Adénomes que l’auteur réunit sous’ le terme commun d’Enthéliomes. Plus tard surviennent les Epithéliomes, et enfin, comme manifestation ultime et maxima de la désorientation, nous trouvons l’imporlante classe des Carcinomes dermiques aussi bien que glandulaires.
On peut donc dire que l'idée fondamentale qui a guidé M. Fabre- Domergue dans l'exposé de ses travaux, c'est l’idée de la désorientation
ht Georges CARRÉ et C. NAUD, Éditeurs, 3, rue Racine, Paris
cellulaire. Grâce à ce principe, il a pu expliquer non seulement la graduation insensible des divers types de tumeurs épithéliales, mais encore donner une explication rationnelle de certaines de leurs propriétés essentielles dont la nature était jusqu ici problématique. La cachexie, l'ulcération ne sont que le fait de la désorientation et se conçoivent aisément si on les envisage à ce point de vue.
Une autre partie, suite et conséquence de la première, comprend la discussion approfondie de l’origine étiologique des tumeurs épithéliales. Les faits relatifs à la théorie coccidienne y sont discutés et combattus avec l'autorité que donnent à l’auteur de longues années de travail dans le laboratoire de Clinique chirurgicale de lhôpital Necker. M. Fabre- Domergue, sans nier d'une façon absolue la possibilité d’une étiologie parasitaire, refuse le titre de parasites à toutes les formes que l’on avait voulu jusqu'ici envisager comme telles, et qui ne sont, d’après lui, que des altérations cellulaires.
Dans un dernier chapitre, enfin, l’auteur, se basant d’une part sur ses observations relatives à la désorientation, d'autre part sur les faits de cylotropisme cellulaire constatés avant lui, montre que, loin de désarmer en présence d'une hypothèse purement térato-cellulaire des cancers, la thérapeutique est en droit, au contraire, d'y trouver une voie de recherche rationnelle et peut-être aussi féconde que celle où s'engagent sans grand fondement les partisans de l'origine parasitaire.