MIGRATIONS, INFECTIONS ET CONTAGIONS
III. Facteurs qui influent sur les migrations pigmentaires. — La théorie de Bernard est fort séduisante, mais s*appuie-t-elle sur des faits d'observation ou d'expérience précis ? A-t-on fait une étude des facteurs qui influent sur les migrations pigmentaires ?
Ces migrations sont tout d'abord sous la dépendance des phénomènes mécaniques dont l'organisme est le siège (circulation du sang). Elles sont aussi évidemment sous la dépendance des facteurs biologiques agissant sur les migrations leucocytaires : influences chimiotactiques et phototactiques, et il est à remarquer que la présence du pigment dans les leucocytes ne peut qu'exagérer leur sensibilité vis-à-vis de ces agents.
Une des méthodes les plus employées pour étudier les migrations pigmentaires est celle des injections. Un certain nombre d'auteurs l'ont pratiquée, mais ils ne paraissent pas avoir fait un choix très judicieux des granules à injecter; ceux-ci, souvent mal choisis, périssent au sein des cellules migratrices, véritables phagocytes, et tout se passe comme si l'on avait injecté simplement une poudre colorante inerte.
Garnot a pratiqué les injections chez les vertébrés; il a injecté à des lapins, à des cobayes, à des chiens, des pigments empruntés à des animaux très différents : ou un pigment mort (noir de seiche du commerce); ou un pigment d'origine pathologique, celui de la mélanose du vieux cheval blanc; ou un pigment tout à fait spécialisé au point de vue biologique, celui de l'œil. Il a fait l'injection : 1° dans le tissu souscutané; 2* dans le péritoine; 3° dans les veines. Les résultats obtenus n'offrent qu'un intérêt médiocre.
Quelques auteurs ont injecté des pigments chez les invertébrés : les uns dans la cavité du corps, les autres dans le tube digestif; mais il est à remarquer, ici encore, que les pigments étaient le plus souvent des pigments morts, ou simplement des matières colorantes chimiques.
Les pigments introduits dans la cavité du corps, chez les échinodermes comme chez les insectes (Durham), s'amassent dans les cellules migratrices, et peuvent gagner ensuite les * téguments.
' Les pigments introduits dans le tube digestif sont retrouvés, en général, dans les cellules hépatiques : polyzoaires marins vll^irmer), crustacés (Guénot), pour être éliminés ensuite avec ' les fèces. Dans ce cas, ils n'ont pas d'influence sur la colora- Bonn. L'évolution du pigment. 5