CONCLUSIONS
I. Les pigments seraient des substances chimiques produites par des granules, dits pigmentaires ou chromogènes^ Par leur activité, ces granules se rapprocheraient des bactéries et surtout des plastidules nucléaires ; ils auraient, comme ceux-ci, les caractères de la vie plastidulaire^ telle que je l'ai définie, et ils seraient constitués de même par la chromatine, substance qui possède à un degré très prononcé la fonction vitale essentielle, l'assimilation.
IL II semble qu'on puisse faire rentrer les pigments, en tant que substances chimiques, dans trois groupes principaux: 1® les couleurs d'aniline si changeantes, vu leur fréquence chez les bactéries (amas de chromatine), ont peut-être été les premiers pigments, pigments plastidulaires ; 2® les pigments hydrocarbonés, /i/?oc//rome5 , résultent , du moins dans l'œuf, de l'activité des plastidules chromatiques qui s'échappent du noyau, et, comme les corps gras, ils entrent dans des combinaisons albuminoïdes; à ce titre, ce sont des pigments vraiment cellulaires ; 3° il en est de même des pigments formés aux dépens de produits de destruction de la chromatine, comme V hémoglobine et la chlorophylle.
III. Les plastidules chromatiques s'échapperaient du noyau pour devenir chromogènes dans le protoplasma, sous des influences chimiques variées (poisons extérieurs, poisons digestifs, poisons d'origine interne) ; ceci expliquerait que les phénomènes de pigmentation sont plus accusés en certaines régions de l'organisme (région s excrétrices) et pendant certaines phases de la vie de l'animal (métamorphoses).
IV. Les granules chromogènes, soumis à des influences variées, émigreraîent dans les organismes, et d'organisme à organisme {^infections et contagions pigmentaires] ; en même
temps ils pourraient présenter des exaltations et des atténua^ dons de la fonction chromogène. Ces phénomènes seront bien mis en lumière quand on se servira, pour les étudier, des méthodes biologiques : inoculations, greffes, cultures...
V. Dans les cellules, les granules pigmentaires de diverses teintes entreraient en lutte : ceux qui seraient les mieux adaptés à Téclairement survivraient et se propageraient; ce serait par une sorte de sélection plastidulaire que s'expliqueraient Vadaptation chromatique et, par suite, les harmonies des couleurs que présente la nature.
VI. La production du pigment serait un mécanisme de défense^ c'est-à-dire de conservation de la constance chimique de la matière vivante; le pigment lui-même aurait conservé sa ■constance au cours de l'évolution des êtres cellulaires.
Paris. — L. Marbtbbuz, imprimeur, 1, rue Cassette.