MORPHOLOGIE DE LA FEUILLE EMBRYONNAIRE
foliaires de la souche dicotylée, avant l'époque de sa subdivision en une foule de branches, bientôt ramifiées à leur tour.
Cette morphologie de la feuille embryonnaire des Dicotylées, si importante à notre point de vue, puisqu'elle nous reporte vers une période antérieure de la vie des plantes dont nous recherchons le caractère primitif, n'a jamais été sérieusement abordée jusqu'ici. A peine s'est-on contenté de quelques détails sommaires sans vues d'ensemble, ou de la mention rapide de certaines particularités. 11 est pourtant facile de s'apercevoir que les cotylédons foliacés, à raison même des différences qui les séparent des feuilles normales de chaque espèce et, par contre, des traits communs qu'ils présentent généralement, offrent tous les indices de nature à faire reconnaître en eux les organes foliaires prototypiques des plus anciennes Dicotylées.
Ce n'est pas qu'il n'y ait déjà, dans l'ensemble des cotylédons, un certain degré de différenciation, dont l'existence peut d'ailleurs être admise sans peine chez des végétaux déjà diversifiés et sur le point de se scinder en plusieurs groupes, chacun d'eux étant prêt à s'engager dans la voie d'une évolution particulière.
A côté des cotylédons simples et ovales, linguiformes ou linéaires d'une foule de plantes, il en est de lobés-subpalmatiséqués, comme ceux des Tiliacées, qui traduisent pour ainsi dire, le point de départ du type foliaire le plus répandu et le plus normal de l'ensemble des Malvoïdées, et ceux des Pterocarya^ dont les quatre lacinies proviennent d'une bipartition du limbe, par suite de l'arrêt de la nervure médiane, attestant une tendance à la subdivision d'où proviennent les feuilles pinnées de celte Juglandée.
Pour mieux se rendre compte des caractères propres à la feuille primordiale des Dicotylées, il faut d'abord jeter les yeux sur un type remarquable à la fois par son développement et par une disposition « normale », c'est-à-dire conforme à la disposition la plus ordinaire, des nervures qui parcourent le limbe. Nous trouverons ce type dans la feuille embryonnaire de la courge [Cucurhita)^ dont les dimensions excèdent la limite ordinaire et facilitent ainsi l'observation. Sa forme générale est ovale, passant à l'ellipsoïde, arrondie au sommet, atténuée-obluse vers la base, qui est sessile et en même temps amplexicaule, dilatée de manière à occuper le demi-pourtour de la tigelle. De cette
60 STADE AHCIOSPERMIQUE. — DICOTÏLÉES.
base, partent visiblement sept nervures, non pas égales, mais décroissant en force de chaque côté, à partir de la médiane qui est la plus prononcée. Ces nervures s'étendent plus ou moins à travers le limbe, dans l'ordre justement de leur épaisseur relative. La médiane va jusqu'au sommet, les deux latérales s'avancent jusqu'au milieu ou un peu au delà ; la paire suivante s'arrête vers le tiers inférieur et la dernière, la plus faible de toutes et la plus extérieure, n'offre qu'une extension des plus limitées.
Pig. HT. — FaaillH col^lMonsiru du CtmtrMa al Tiiia. — A. tsuilla 4t CttcifrbiCa^ vua par la faoa doraala. -* B, plajitnla da Titùt moDtn CDtylidona tuiniéa et 1«l deni fauilleg primordialai qui prteaDlsat Aa ei
Toutes ces nervures latérales s'anastomosent, au point où elles se terminent, avec des rameaux sortis de leur plus proche voisine, disposés de manière à constituer des aréoles ou mailles qui s'étalent en série décroissante jusqu'à la marge. La nervure médiane, au-dessus de son point de jonction avec les latérales, émet aussi plusieurs paires de rameaux veineux anastomosés. Dons l'intervalle qui sépare les nervures principales, s'étalent