Luersen, Botànik, II, p
58 STADE ANGIOSPERMIQUE. — DICOTYLÉES.
pement, ni dans leur structure; il faut descendre encore d*un degré dans la recherche du caractère différentiel, séparant les deux classes. Ce caractère décisif, nous allons le trouver pourtant, mais uniquement dans la nature morphologique des feuilles embryonnaires : c'est là, selon nous, qu'il se montre réellement.
En effet, la feuille embryonnaire desMonocotylées, desPhcmi^, par exemple (voir la figure iii), n'est qu'une gaine, un appendice vaginal dépourvu de limbe et constituant la feuille primitive des Angiospermes avant sa différenciation. Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit précédemment au sujet de la feuille des Monocotylées, souvent réduite à la seule partie vaginale. Il nous suffira d'affirmer que le cotylédon de cette catégorie de plantes n'est jamais pourvu de limbe et que les feuilles qui suivent immédiatement le cotylédon en sont également presque toujours dépourvues : le contraire existe chez les Dicotylées, dont les feuilles embryonnaires, au-dessus d'une partie vaginale soit visible , soit faiblement développée ou même déjà transformée en pétiole, présentent un limbe résultant de l'extension des faisceaux vasculaires ramifiés. Cette structure est celle de tous les cas normaux, c'est-à-dire qu'on l'observe toutes les fois qu'il n'y a pas avortement, soudure ou absence de cotylédons, comme dans le cas des plantes parasites, dans celui du marronnier, dont les cotylédons sont soudés, en une masse unique; enfin, dans ceux beaucoup plus nombreux, mais nullement décisifs dans la question qui nous occupe, où les cotylédons, demeurant hypogés ou inclus au fond des téguments de la graine, se trouvent transformés en une réserve de substance nutritive. Ils remplacent alors le périsperme par une adaptation toute spéciale à des fonctions déterminées. Les vraies feuilles embryonnaires, telles qu'elles ont dû se montrer à l'origine, ne sont pas les cotylédons charnus, succulents ou cartilagineux qui fournissent à la jeune plante des aliments nécessaires. C'est là sans doute pour eux un rôle acquis, résultat naturel d'un effet de balancement organique et répondant à l'absence ou à l'arrêt de développement de la provision endospermique; c'est donc aux cotylédons non transformés et par cela même foliacés que nous devons nous attacher, si nous tenons à saisir le vrai sens et le caractère propre des organes