ÉVOLUTION FLORALE DES QIERCINÉES
périanthe à 5*6 divisions pour les mâles, un bourgeon avorté à prophylles soudés en cupule involucrale pour les femelles, et qu'ils n'aient plus offert, en fait de supports, au lieu du rameau feuille du début, que le chaton garni de bractéoles qui supporte actuellement les fleurs.
Le châtaignier, dont la transformation s'est arrêtée plus tût, montre une des phases antérieures de l'évolution florale dont les chênes représentent le terme le plus avancé. Chez lui les axes de l'inflorescence sont tous érigés et homomorphes ; c'est à l'aisselle des bractées de ces chatons que paraissent les fleurs, correspondant ainsi à des bourgeons de troisième venue ou même de quatrième, lorsque les chatons sont rameux. Les plus inférieurs de ces chatons ne portent que des fleurs mâles; mais à mesure que l'on remonte vers le sommet de l'axe primaire, les chatons deviennent androgynes et les fleurs les plus inférieures de chacun d'eux exclusivement femelles. Le nombre 3 préside ici au plan de la fleur; le périanthe à six segments des fleurs mâles entoure une douzaine d'étamines, avec un rudiment d'ovaire dans le milieu. Le style à six divisions des fleurs femelles est l'indice de la présence originaire de six carpelles soudés entre eux et avec le périanthe également à six divisions. Trois de ces fleurs sont enfermées dans chacun des involucres ou bourgeons avortés, à écailles transformées en piquants, destinés à envelopper le fruit. Tout dans le châtaignier confirme les métamorphoses présumées que l'examen du chêne laissait entrevoir. Les fleurs femelles, au nombre de trois par involucre, attestent que cet organe a dû constituer primitivement un axe feuille garni de fleurs axillaires, et la situation des fleurs femelles à la base des chatons androgynes, ou mâles dans le haut, fait toucher au doigt que c'est bien par un arrêt de développement que les appareils se sont formés. Les fleurs femelles appartiennent visiblement à une génération plus avancée d'un degré que les mâles et se trouvaient originairement situées à l'aisselle des feuilles d'un axe de troisième ordre; elles représentaient donc elles-mêmes des bourgeons de quatrième venue et les bractées sous-tendantes, rapprochées et soudées ensemble à la suite de leur transformation, ont donné naissance aux piquants de l'involucre.
On retrouve donc ici la trace d'une longue suite de transfor-
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mations par réduction, étiolement, point d'arrêt et élimination, dont les Quercinées ont été le siège à une époque primitive, antérieure à leur existence historique. Les Paginées, au moins aussi anciennes que les Gastanées, et constituant un type parallèle et non pas dérivé par rapport à celles-ci, nous découvrent une combinaison assez différente, puisque chez elles, au lieu de chatons^ on observe des glomérules ou réunions de fleurs en capitules pédoncules, sortant directement de Taisselle des feuilles normales. Les périanthes campanules qui entourent les fleurs mâles ne difl'èrent que par le nombre plus variable et un degré plus avancé de soudure des segments qui les composent, des organes correspondants des Gastaninées. L'involucre des fleurs femelles manifeste, de son côté, plus de complexité de structure ; les fleurs qu'il renferme, au nombre de trois, sont trimères et par conséquent tricarpellées. Au total , on remarque un degré de génération de moins dans Tappareil femelle des Paginées comparé à celui des Gastaninées, en sorte que chez les premières il existe une homomorphie des organes mâle et femelle comparés entre eux. La déhiscence régulière de l'involucre, devenu capsulaire, la séparation plus marquée de deux catégories d'inflorescences dénotent chez les Paginées un degré spécial de transformation organique.
L'évolution explique donc les moindres particularités de la structure florale caractéristique de chaque groupe et elle nous montre ici les Paginées évoluant à part des Gastaninées, bien que sorties originairement du même point de départ que cellesci, tandis que les chênes ou Quercinées propres, dérivés des Gastaninées, ne constituent, malgré leur importance, qu'un groupe subordonné, parvenu à un degré de transformation plus avancé que ces dernières. Le moyen n'a pas varié; c'est toujours par voie d'appauvrissement et d'élimination, par une réduction graduelle des parties atténuées ou disparues, par la soudure s'appliquant surtout aux éléments de l'organe femelle que le groupe tout entier s'est difl*érencié. En considérant particulièrement les carpelles primitivement distincts, on remarque leur fusion en un fruit divisé en autant de loges qu'il y avait de carpelles. G'est ce fruit que possèdent encore les Ghataigniers ; mais dont les cloisons , d'abord incomplètes , s'effacent flnalement dans celui des Ghènes ou gland, qui ne renferme le plus souvent