DISTRIBUTION PROBABLE DES PREMIÈRES DICOTYLÉES
et dans tous le cours de la période que nous considérons, ces plantes ont dû se propager et se répandre, s'avancer de proche en proche, peut-être justement à la faveur de cette extension continentale dont l'Europe offrait Texemple et qui n'avait jamais été plus prononcée qu'au moment où s'ouvrait la période infracrétacée. Les Dicotylées, dans cette hypothèse, auraient suivi la direction de Test à l'ouest, profitant de la jonction du sol européen avec une terre boréalo-orientale, de même que dans une tout autre direction elles auraient occupé l'Amérique du Nord. Il est bien certain qu'antérieurement à l'époque où nous nous plaçons c'est-à-dire dans la seconde moitié des temps jurassiques, ni dans les Indes, ni dans la Sibérie de l'Irkutsk, ni dans les régions polaires, il n'existe de vestige déterminable de Dicotylées. La flore urgonienne ou rapportée à l'urgonien par M. Heer, de Kome (Groenland), par 70o, 40 de lat. N., a cependant fourni une feuille isolée de peuplier; mais la provenance de cette espèce unique est-elle réellement hors de contestation? Il serait difficile de l'affirmer avec certitude. Nous demeurons donc dans une ignorance à peu près absolue de ce que pouvaient être les Dicotylées infracrétacées, faute de documents qui nous aient fait connaître leur présence, dès cette époque, au sein de notre zone, soit en Europe, soit en Amérique, et tout en admettant la possibilité de cette présence. D'où que les Dicotylées soient venues, elles se trouvent en possession d'une partie au moins du sol européen dès le commencement de la période suivante, celle de la craie propre. On les observe aussi dans l'Amérique du nord et au Groenland, à peu près à la même époque, et leur essor une fois inauguré ne s'arrêtera plus.
M. de Lapparent * partage la craie en quatre étages, comme rinfracrétacé. Ce sont, à partir de la base, le cénomanien, le turonien, le sénonien et le danien ou étage de la craie de Maestricht. Le garumnien ou craie supérieure d'eau douce, si développé dans le midi de la France, où elle est assez riche en végétaux, couronne tout cet ensemble et le relie au tertiaire. Il existe des Dicotylées sur chacun de ces horizons partiels. A partir du cénomanien, on ne cesse de les rencontrer partout comme un élément essentiel et prépondérant de la flore ter-