‹ L'évolution du règne végétalChapitre 5 sur 132 · TYPE FOLIAIRE DES SMILACÉES ET DES GRAMINÉES · texte numérisé non relu

TYPE FOLIAIRE DES SMILACÉES ET DES GRAMINÉES

binaison organique tout à fait pareille. La partie vaginale primitive est ici réduite à une expansion aussi faible que possible; le pétiole ou étranglement intermédiaire et le limbe composent à eux seuls à peu près toute la feuille (voy. la figure 110 en G). A peine si des vrilles collatérales représentent comme un dernier vestige de Torgane primitif entièrement disparu.

Ainsi, la feuille des Monocotylées, presque toujours vaginante ou du moins amplexicaule, résulte d'une moindre transformation, de Torgane appendiculaire primitif. Moins réduit et moins différencié, ce dernier a généralement gardé plus d*ampleur, comme il convient à Tappendice foliaire d*un stipe ordinairement plus simple, plus massif; mais ce qui prouve que le mouvement évolutif moins prononcé est la cause directe de cet état de la feuille chez les Monocotylées, c'est qu'il suffît que la tige s'allonge, en s' amincissant et se subdivisant^ pour que la feuille (c'est ce que montrent les Smilacées), atteigne aussitôt à un degré plus élevé de transformation organique. Les Graminées traduisent très clairement cette marche par leur structure foliaire. Il s'est fait chez elles une répartition à peu près égale entre les deux éléments de l'organe, l'élément primordial et l'élément acquis. Le premier a persisté sous la forme d'une gaine qui entoure la tige d'un véritable fourreau et ne présente jamais, en fait de nervure, que des linéaments longitudinaux, multiples et parallèles, reliés entre eux par des nervilles, mais constamment dépourvus de médiane. Ge qu'on nomme la « ligule » correspond à la terminaison supérieure de cette partie primitive, séparée de l'autre ou partie limbaire par un étranglement plus ou moins prononcé, par un onglet calleux, comme dans les Arundo^ ou même par un véritable pétiole articulé sur la partie vaginale, comme on l'observe dans les bambous. Au-dessus, s'étend le limbe, c'est-à-dire la feuille secondaire, plus ou moins différenciée et allongée, ordinairement pourvue d'une côte médiane et de nervures latérales parallèles à celle-ci. Ainsi, la transformation a produit ici le même résultat que chez les Dicotylées, et l'appendice primordial a donné naissance à un prolongement, puis à une expansion terminale : seulement, cette expansion limitée dans son développement n'a acquis que des nervures longitudinales et parallèles, disposées des deux côtés d'une médiane; le pétiole s'est faiblement particularisé;

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enfin, la gaine ou partie vaginale primitive a gardé son importance et constitue à elle seule la moitié de Torgane. Telle est en résumé la feuille des Monocotylées : un organe dont la transformation demeurée incomplète s'est arrêtée à des degrés d'évolution variables selon les groupes, plus ou moins avancés relativement au point de départ, selon ceux que Ton considère.

On peut dire encore que ce mouvement, à mesure qu'il s'est prononcé, a agi en sens inverse de celui qui a gouverné les Dicotylées. Au lieu d'aboutir à une différenciation croissante des caractères de l'organe, soit dans sa forme, soit par les combinaisons résultant de l'anastomose des nervures ramifiées en réseau, il a tendu vers une sorte d'uniformité du type foliaire. Les Monocotylées les plus voisines du point de départ commun, comme les Aroïdées, possèdent des feuilles plus différenciées que celles qui suivirent; nous avons fait ressortir plus haut l'analogie des nervures ramifiées et des variations morphologiques de ces feuilles avec ce que montrent à ces deux égards les Dicotylées. Mais, il s'est produit, chez les autres Monocotylées, une sorte de régression de l'appareil foliaire. Le caractère négatif de la classe se manifeste ici comme ailleurs; et, tandis que les feuilles des Dicotylées allaient en se transformant et se diversifiant de plus en plus, celles des Monocotylées allaient plutôt en s^uniformisant; elles perdaient la tendance à la ramification de leurs nervures et conservaient généralement à la gaine son importance primitive. C'est ainsi que s'est formé le type foliaire bien connu de cette catégorie de plantes, avec ses nervures parallèles entre elles et avec la médiane, reliées par des nervilles qui courent transversalement pour les unir. Les variations résultent uniquement de la direction tantôt strictement longitudinale, tantôt plus ou moins oblique et arquée des nervures latérales qui gagnent la marge en convergeant vers le sommet du limbe. Ce sont là des caractères acquis par diflérencialion, mais dont la faible amplitude suffit pour établir entre les types foliaires des deux classes un contraste facile à saisir. — En résumé, c'est par la simplification des nervures du limbe perdant de plus en plus leur tendance vers la ramification en réseau pour devenir parallèles, obliques ou longitudinales et recourbées-ascendantes, et par le maintien corrélatif de la gaine primordiale, que les Mono-

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