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DÉFINITION DU STADE GYMNOSPERMIQUE

D'une façon générale, toutes les plantes qui, après avoir cessé d'appartenir aux Cryptogames, s'élevèrent décidément au-dessus des Progymnospermes, groupe dont le chapitre précédent a exposé les états divers et les fluctuations, toutes ces plantes

Fig. 62. — Organes mâles des Abiétinées. — A, androphylle ou écaille détachée du strobiie mâle d'un Abies. La feuille sexuée, vue par sa face dorsale, supporte à sa base deux loges à pollen sur le point de s'ouvrir à l'aide d'une fente longitudinale (d'après Luersen). — B, grain de pollen ou microspore du Pxnus pinaster, à l'état jeune, fortement grossi (d'après Strasburger). Ce grain de pollen laisse voir dans le haut un vestige de division cellulaire ou cellule stérile, et, sur les côtés, les deux protubérances ou ampoules caractéristiques, auxquelles l'exine donne lieu chez les Abiétinées. — G, ce même grain de pollen après l'émission du tube pollinique provenant de l'expansion vésiculaire de la cellule principale, faisant hernie au dehors après la rupture de l'exine. — D; grain de pollen du Larix européen vu sous le même grossissement et montrant, à la base, la cellule stérile et au centre le nucléus de la cellule principale. Ce grain de pollen, représenté avant rémission du tube pollinique, est le plus gros de tous ceux que possèdent actuellement les Gymnospermes.

ont nécessairement touché au stade que nous allons définir; seulement, certaines d'entre elles, après l'avoir atteint, ne firent que le traverser et s'avancèrent plus ou moins rapidement au delà, tandis que d'autres s'y arrêtaient pour ne jamais le dépasser : ces dernières sont celles qui fixeront notre attention.

Le stade gymnospermique est ainsi, à proprement parler, l'un des termes auxquels est venu aboutir le mouvement organique dont les Progymnospermes nous ont offert le tableau, illustré de plusieurs détails significatifs. Ce qui se trouve réalisé chez les Gymnospermes, c'est l'effacement ou mieux l'extrême réduction

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des derniers vestiges de la vie prothallienne. Cette vie, ne l'oublions pas, avait d'abord constitué un état antagoniste de l'état agame et végétatif ; elle balançait ce dernier et représentait la génération sexuée de la plante. L'état végétatif sexué, par une conséquence de la division du travail organique, n'a cessé de s'atténuer chez les Cryptogames d'abord, ensuite chez les Progymnospermes. Après avoir perdu son indépendance, il a tendu à disparaître graduellement. Dès lors, ne se séparant plus l'une de l'autre, la spore et le prothalle confondus en un seul organe soit mâle, soit femelle, concourent ensemble à la production de l'embryon ou plante nouvelle avec laquelle recommence la phase végétative agame. Mais les choses vont plus loin encore, puisque la spore et le prothalle étant désormais réunis, c'est seulement à l'intérieur de l'appareil femelle et sous le tégument protecteur de celui-ci que l'appareil mâle est appelé à remplir utilement ses fonctions. En un mot, la phase sexuée se trouve réduite à la seule opération fécondatrice provenant d'un rudiment de prothalle mâle développé à l'intérieur de la spore femelle et au contact d'un rudiment de prothalle femelle. C'est en cela que consiste la phanérogamie ; c'est à un résultat aussi complexe qu'est venue aboutir cette série de réductions graduellement accumulées dont les Progymnospermes nous ont fourni des exemples frappants.

L'anthérozoïde était déjà disparu chez les Cycadées. Longtemps nécessaire à l'acte qui met en communication le contenu protoplasmique de deux cellules sexuées, il a cédé la place à un mécanisme plus complexe, moins rapide, mais sans doute plus sûr et sans doute aussi le seul applicable à l'état de structure du sexe passif, de celui qui, désormais inclus, doit attendre à l'intérieur de la macrospore la visite et le contact de l'autre sexe. — Prenons maintenant, l'un après l'autre, l'organe mâle (microsporange ou anthère, microspore ou grain de pollen) et l'organe femelle (macrosporange, macrospore, ovule) des Gymnospermes et nous saisirons facilement les caractères du stade auquel appartiennent les végétaux qui présentent ces organes.

Les microsporanges, toujours distincts des macrosporanges, ou nucelles, naissent du parenchyme d'une feuille transformée dont ils remplacent le limbe soit totalement, soit en partie, occupant toujours, dans ce dernier cas, la face inférieure ou dorsale

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