‹ L'évolution du règne végétalChapitre 64 sur 83 · NERVATION CARACTÉRISTIQUE DES FEUILLES DE GNETUM · texte numérisé non relu

NERVATION CARACTÉRISTIQUE DES FEUILLES DE GNETUM

pseudo-androgynes, qui ne sont pas sans analogie soit avec la fleur complexe des Euphorbiacées, soit avec les inflorescences en épi des Pipéracées. Une fois constituées séparément, les fleurs rudimentaires des Gnétacées se sont groupées à la façon de celles des Dicotylées. Quant aux feuilles des Gnetum considérées en elles-mêmes, loin de retracer par quelques points les caractères de celles des Gymnospermes, elles affectent entièrement les allures des feuilles de Dicotylées. Les feuilles des Gnetum les plus répandus (Gn. gnemon, — Gn. scandens Roxb.), avec leurs nervures secondaires repliées en arceau, de manière à circon-

Fig. 89. — Inflorescence et nervation caractéristique» du genre Gnetum. — A, fragment d'un rameau de Gnetum (espèce de l'Asie méridionale, roy. d'Assam), montrant deux feuilles opposées, dont l'une entière avec les détails de son réseau veineux, l'autre coupée, et, entre les deux feuilles, trois inflorescences ou grappes spiciformes, l'une médiane mâle, entièrement développée. — B, détails de la nervation, légèrement grossis, pour montrer la forme et la disposition des aréoles, constituées par des linéaments obliquement ramifiés-sinueux, anastomosés entre eux.

scrire de larges mailles cernées extérieurement d'aréoles plus petites, avec un réseau de nervules obliquement ramifiées, reliant entre elles les principales, ces feuilles retracent fidèlement le type de nervation des Araliacées, des Protéacées, des Diospyrées et de bien d'autres plantes parmi les Dicotylées. Il est absolument impossible, en considérant les Gnetum à ce point de vue spécial, de les distraire de ces dernières. — Il semble résulter de l'examen consciencieux que nous venons de faire que les Gnétacées,

prises dans leur ensemble, ne constituent ni un groupe ni une famille déterminée et limitée, mais qu'elles répondent plutôt à un « état organique » et que les trois types qu'elles comprennent, bien que reliés entre eux par certains caractères communs, sont cependant trop éloignés, à d'autres égards, pour donner à croire qu'il existe aucun enchaînement génétique réciproque, aucune descendance des uns par rapport aux autres. Les Gnétacées jalonnent, à de grandes distances, une direction autrefois suivie par certaines fractions de Phanérogames qui, n'étant pas englobées dans les Aciculariées, restèrent cependant distinctes des Angiospermes véritables. Cette catégorie végétale, obscure et subordonnée, ne comprend qu'un petit nombre de rameaux épars. Ce sont ces rameaux auxquels on applique la dénomination commune de Gnétacées, bien que les Gnetum représentent le plus récent d'entre eux, le moins écarté de la branche mère des Dicotyiées, dont il se pourrait même qu'il eût très anciennement dérivé.

Les Ephedra au contraire représentent le plus ancien de ces rameaux; ce sont encore des « corpusculates » ou végétaux à corpuscules. Ils convergent en bas vers les Taxinées et semblent aboutir, au fond du passé le plus reculé, à quelque branche détachée du vieux tronc des Galamodendrées, qui toucherait en même temps par les Bornia à la souche des Salisburiées prototypiques. Dans la direction opposée, les Ephedra ne manquent pas de points de contact avec le Welwitschia; mais ce dernier type n'est déjà plus un vrai c corpusculate », ou du moins ses corpuscules simplifiés sont presque assimilables à des vésicules embryonnaires, et l'on est en droit de soupçonner que des réductions analogues ont dû s'opérer autrefois chez les Phanérogames en voie de transformation qui devinrent ensuite des Angiospermes. S'il en a été réellement ainsi, les corpuscules, tels que nous les connaissons chez les Cycadées et les Aciculariées, y compris les Conifères et jusqu'aux Ephedra inclusivement, , constitueraient le caractère propre des vraies Gymnospermes. Ces I Gymnospermes seraient celles qui une fois parvenues à ce stade i y auraient été définitivement confinées. Chez d'autres Phanérogames au contraire, offrant originairement, comme les premières, des ovules nus, ces organes auraient présenté un polymorphisme d'une nature spéciale. Il se serait établi une lutte entre

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