CONCLUSIONS SUR LES PROANGIOSPERMES FOSSILES
Gonlolina. Un échantillon de la collection de d'Orbigny, que M. Gaudry a bien voulu nous communiquer, laisse voir Taxe intérieur et cylindrique sur lequel les fruits prismatiques, terminés antérieurement par les compartiments hexagonaux, se trouvaient implantés. Les cicatrices d'insertion de chacun de ces fruits sont visibles à la surface de Taxe et, si Ton fait abstraction de la dimension réduite des compartiments, plusieurs Pandanées de Java ou de la Nouvelle-Calédonie présentent des fruits conformés extérieurement comme le sont les Goniolina. Mais l'assimilation peut être apparente, plutôt que réelle, et nous ne saurions nous avancer plus loin dans l'ignorance où nous sommes de la vraie nature de ces organes encore imparfaitement définis *.
On voit qu'au total et malgré leur insuffisance, les notions tirées des types fossiles concordent en apparence avec les idées théoriques que l'étude des plantes actue lies nous ont suggérées, ou du moins ne les contredisent pas et nous engagent, par conséquent, à les admettre jusqu'à preuve contraire. Nous pouvons les résumer en quelques mots. — Dans la succession des terrains, avant la formation des couches caractérisées par les restes abondants des premiers végétaux dicotylés et monocotylés, avant le moment de l'apparition des flores angiospermiques proprement dites, nous rencontrons les organes de diverses plantes ambiguës, ayant quelques traits des Monocotylées et des Angiospermes les plus simples, mais représentant incontestablement des familles primitives aujourd'hui éteintes. Ces plantes, dont les Williamsonia sont les mieux connues, doivent correspondre à l'un des premiers stades évolutifs des Angiospermes. Elles semblent offrir les traits principaux de l'organisation que nous avons attribuée aux Proangiospermes. En l'état de nos connaissances, en face de la pénurie des documents paléontologiques, il serait imprudent de se prononcer sur ce sujet d'une manière plus tranchée.
1. Tout récemment, M. Croizier a bien voulu communiquer à l'un de nous un fruit de Goniolina recueilli par lui dans le kimméridien de Ruelle (Charente). Ce fruit naturellement moulé et détaché est intact et d'une parfaite conservation. Sa petitesse, sa forme globuleuse, annoncent une espèce très différente de celles que Ton a signalées jusqu'ici. Les compartiments superficiels sont d'une telle ténuité qu'il faut employer la loupe pour les distinguer, mais peut-être s'agit-il d'un fruit jeune ou imparfaitement développé.