‹ L'évolution du règne végétal: Les phanérogamesChapitre 100 sur 162 · ENVAHISSEMENT DE L'EXTRÊME NORD PAR LES NEIGES · texte numérisé non relu

ENVAHISSEMENT DE L'EXTRÊME NORD PAR LES NEIGES

lantes montagnardes qui l’occupaient jusque-là. Ces plantes ejetées forcément plus bas descendaient plus ou moins selon ue l’espace usurpé pris sur elles se trouvait plus ou moins tendu. C’est par suite de ce mouvement, poursuivi dans la suite es temps, que les plantes montagnardes de la zone arctique ont ni par être repoussées dans les vallées inférieures et ensuite de roche en proche vers des niveaux de moins en moins élevés, asqu’aux déclivités voisines du bord même de la mer. Mais, ntérieurement à ce mouvement éliminatoire, alors que les Jantes montagnardes de l'hémisphère boréal n'étaient encore ecouvertes de neige qu’une partie de l’hiver, puis graduellerent durant l'hiver tout entier, jusqu’au moment où se contituèrent les glaciers, il a dù se faire une adaptation de ces lantes à une vie toute spéciale, il est vrai, mais qui, remaruons-le, a eu pour effet de les sauvegarder contre le froid xtérieur, en les abritant sous une couverture protectrice.

Cette adaptation acquise lentement se traduit par le port ouché, la consistance ligneuse, la souche vivace pourvue de raeaux horizontalement étalés, la floraison précoce, les actes de à vie végétale rapidement accomplis. Elle concorde fréquemsent avec la présence d’un feuillage dur, coriace et persistant; lle contraste au contraire beaucoup avec le phénomène adaptif out différent, auquel nous devons nos arbres et arbustes à euilles caduques, caractéristiques de la zone tempérée boréale, insi, les plantes arctiques auraient été originairement montanardes et alpines au même titre que celles de nos escarpements, t tout indique que les unes et les autres seraient sorties du nème berceau primitif.

Le phénomène déterminant a été ici le froid et, avec lui, la eige séjournant et s’accumulant au haut des montagnes, puis établissant des réserves de glace et les faisant descendre dans es plaines par suite d’un «stock », provenant de l'excédent de a production hivernale sur la fonte de l’été. Cette apparition de ‘eau congelée a donc été un événement immense en lui-même t par ses conséquences prochaines : non seulement il a rejeté es plantes, d’abord montagnardes, de la zone arctique vers le as des escarpements où elles ont pris la place d’autres végétaux raduellement éliminés; mais il a entraîné l’envahissement défiitif des tèrres polaires et il a accru le froid par le froid con-

densé, en faisant naître des courants atmosphériques et océaniques et en influant par eux sur la végétation du globe tout entier. On voit que nous revenons, après un détour, à l’une des causes générales qui ont le plus influé sur la flore terrestre, cause demeurée active et dont l'énergie, susceptible de s’accroitre, n’a réellement d'autre limite que celle qui lui est opposée par la zone équatoriale, foyer permanent de chaleur, siège de la splendeur végétale; mais ce foyer, de nouveaux progrès du refroidissement polaire menaceraient de le restreindre. La végétation reculerait de plus en plus si le mouvement, qui se prononça pour la première fois vers la fin du jurassique, était destiné à s'étendre et à se propager.

Les pages s’entasseraient, si notre dessein était de poursuivre et d'analyser dans ses dernières conséquences cette force mystérieuse qui, déprimant la chaleur et modifiant l’uniformité climatérique à la surface du globe, n’a cessé d’agir sur le règne végétal, à partir d’une certaine époque, pour l’ébranler, faire naître en lui des variations et réaliser les changements dont nous venons d’ébaucher le tableau. Tout au plus si nous avons tenté de saisir le sens général et d’effleurer les circonstances occasionnelles de ces changements. Nous en avons dit assez pour faire comprendre que ces circonstances sont innombrables, aussi bien que les nuances différentielles qu’elles ont engendrées. — Vouloir aller au delà serait actuellement une ambitieuse folie ; mais, en revanche, que de problèmes entrevus; que de phénomènes dont on reconnaît la trace! Que de questions aperçues de loin et de documents épars que l'avenir rejoindra! Contentonsnous, à l’heure présente, de les avoir signalés à ceux qui nous succéderont. Plus heureux que nous, ils déchiffreront l’inseription dont nous avons uniquement cherché à épeler quelques lettres.

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