NERVATION DES FEUILLES EMBRYONNAIRES
quelques veines de jonction qui forment un réseau lâche et anguleux. Enfin, malgré ces anastomoses, certains rameaux, émis au dehors des dernières aréoles, peuvent déterminer, le long du bord, une sinuosité anguleuse qui détermine parfois une véritable dent. Ce type réunit donc, dans la simplicité originaire, des éléments susceptibles d’amener toutes les diversités de structure dont les feuilles des Dicotylées offrent le tableau.
Au-dessus d’une base rudimentaire qui représente la gaine primitive très réduite et resserrée pour donner lieu au pétiole proprement dit, les sept nervures qui parcourent le limbe n’ont qu'à s'étendre et à diverger pour aboutir à la feuille palmatinerve, tandis que leur avortement suffit pour donner inévitablement naissance à la feuille penninerve. Celle-ci, suivant que les rameaux émis de la médiane restent anastomosés ou deviennent indépendants, produit la feuille entière sur les bords, à nervures secondaires répliées en arceau, ou bien la feuille denticulée, ou encore celle dont les nervures secondaires courent à la marge pour la découper en lobes. Mais, lorsque ces lobes, achevant de se sectionner, se détachent de la médiane, cette même feuille penninerve donne naissance à la feuille pinnée de même qu'à tous les intermédiaires qui existent entre ces divers types. On sait du reste avec quelle facilité, selon que les paires latérales de nervures basilaires persistent ou s’effacent, on passe de la feuille strictement penninerve des lauriers et des chênes à la feuille triplinerve des Cinnamomum et de celle-ci à la feuille trilobée des sassafras et des platanes, enfin à la feuille subpalmatinerve ou cordiforme des noisetiers et des tilleuls. Certains chênes et beaucoup de figuiers conservent à la base de leurs feuilles des traces plus ou moins développées, plus ou moins effacées, des nervures latérales basilaires primitives.
Les principales modifications que présente le type normal de la feuille embryonnaire, en dehors des cas exceptionnels signalés plus haut, peuvent se résumer ainsi qu'il suit :
Principales variations morphologiques des feuilles embryonnaires des Dicotylées.
4er sous-type. — Forme linéaire ou étroitement ellipsoïde, trinerve, à nervures collatérales se prolongeant parallèlement à la
62 STADE ANGIOSPERMIQUE. — DICOTYLÉES.
médiane jusqu’au sommet de l’organe. — Acer (fig. 119, en B et A), Ulmus, etc.
2e sous-type. — Forme tripli-quinquinerve à contour largement ovale, c’est-à-dire plus ou moins obtus-arrondi à la base et atténué au sommet. Nervures latérales plus ou moins ascendantes réunies à la médiane par des anastomoses avant ou seulement au sommet de l'organe. — Vitis, Hedera dans les Araliacées (fig. 118), Schinus dans les Anacardiacées, Zaurus (fig. 119, en E), Viburnum, etc.
3e sous-type. — Forme du contour comme dessus; diffère par le développement très faible ou l’effacement complet des nervures latérales basilaires, disposition qui donne lieu à une feuille penninerve dont les nervures latérales inférieures sont cependant plus développées que les suivantes. — Fraxinus, Diospyros.
4e sous-type. — Forme tripli-quinquinerve, à nervures supra-
Fig. 118. — Sommité d’une plantule de l’Æedera helir L. — Cette plantule, dont le prolongement radiculaire manque, montre les deux cotylédons et les feuilles primordiales, dont la plus récente commence à revêtir la physionomie du type, tandis que la précédente, à gauche, ressemble plutôt aux feuilles normales de l'Aralia nym-
. pheæfolia.
basilaires, à contour obovale, arrondi ou même dilaté et demi-
circulaire au sommet, obtus et plus ou moins échancré en cœur
à la base supportée par un pétiole distinct et grêle. Les nervures
latérales, ramifiées avant la marge ou réunies au sommet, don-
nent lieu à un réseau complexe. — Carpinus (fig. 120, en A), Cratæqus, Pyrus, Rosa.
5° sous-type. — Contour ellipsoïde ou obovale; plus de: traces de latérales-basilaires ; nervures secondaires émises le long d’une médiane. — Philadelphus, Sophora et Cytisus, dans les Légumineuses.