MARCHE ÉVOLUTIVE DES FEUILLES DE CÉSALPINIÉES
plètement disparue, fait place aux deux segments d’une feuille dimidiée, divisée maintenant en deux folioles. Le même mouvement, plusieurs fois répété, rend compte de la façon dont se sont constituées les feuilles à folioles nombreu ses, paripinnées
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Fig. 122. — Feuilles primordiales et colylédonaires comparées des Léqumineuses- C'ésalpiniées. — À, plantule d’un Bauhinia montrant la première feuille entre les deux cotylédons ; en a, feuille normale du même Bauhinia, figurée isolément. — B, plantule d’un Hymenea, IH. courbari, montrant au-dessus des cotylédons, qui ressemblent aux
. feuilles normales du Cercis, une première feuille bipartite normale. — C, plantule de Cercis montrant, au-dessus des deux cotylédons une première feuille normale.
des Césalpiniées et des Mimosées. On n’a qu’à établir autant de termes qu'on voudra pour indiquer la marche de l’évolution,
88 STADE ANGIOSPERMIQUE. — DICOTYLÉES.
à partir du cotylédon simple et indivis jusqu’à la feuille des Tamarindus et des Gleditschia, des Cæsalpinia et des Acacia, composée d'un si grand nombre de folioles; mais, sans aller aussi loin, nous constaterons sans peine au moins quatre stades foliaires successifs : le premier cotylédonaire, le second auquel le Cercis s'est arrêté, le troisième représenté par le type des Bauhinia, le quatrième par celui des Æymenea, auprès duquel on peut placer, si l’on veut, celui des Ceratonia et des Hæmatoxylon, dont les feuilles paripinnées n’ont qu'une double rangée de folioles.
En choisissant un autre groupe, tel que celui des Malvoïdées, dans lequel domine le type foliaire « palmé », nous verrions se dessiner la même marche. Aux cotylédons transversalement réniformes des Gossypium, par exemple, dont le limbe pourvu de trois nervures principales rappelle vaguement les feuilles des Aristolochiées (Asarum), succèdent des feuilles faiblement triquinquelobées qui reproduisent les organes correspondants des Sterculia; les feuilles normales des cotonniers apparaissent ensuite.
Il faut cependant nous limiter et, après avoir exposé les caractères de l’évolution morphologique des feuilles des Dicotylées, esquisser en quelques pages l’évolution florale de ces mêmes plantes.
Sans revenir sur l’origine de l'appareil floral des Dicotylées, nous affirmerons de nouveau qu'il a été originairement un axe assimilable aux autres rameaux, pourvu seulement de feuilles sexuées au lieu de feuilles ordinaires. Nous rappellerons encore que la présence des organes reproducteurs a influé, non seulement sur les feuilles qui leur servaient de support pour les transformer diversement, mais aussi sur les cycles de feuilles les plus rapprochées des premières. Les feuilles de ces cycles se sont ainsi changées en pétales, tandis que les carpophylles ou feuilles carpellaires, toujours situés au-dessus des androphylles, donnaient lieu au « gynécée ». Mais il pouvait aussi exister, dès l’origine, et par l'effet des premières différenciations, une tendance à l'avortement de l’une des deux catégories, de manière à amener la substitution de rameaux unisexués aux rameaux primitifs, nécessairement androgynes. Il est également concevable que les parties sexuées n'aient pas occupé néces-