‹ L'évolution du règne végétal: Les phanérogamesChapitre 39 sur 162 · DISTRIBUTION PAR CYCLES DES PIÈCES FLORALES · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION PAR CYCLES DES PIÈCES FLORALES

cette élimination à pu devenir totale pour certains cycles déterminés, de manière à entraîner l'exclusion de l’un des sexes. De là est sortie la monœcie ou séparation des sexes cessant de se trouver réunis dans une seule et même fleur, structure dont les Dicotylées nous offrent de nombreux exemples et qui n’est qu’une conséquence de la réduction du nombre des éléments floraux poussée jusqu’à l'extrême. Les Légumineuses nous montrent fréquemment ce phénomène dont les traces visibles subsistent dans le rudiment de carpelle qui survit à l'avortement du gynécée.

L’axe floral, comprenant un nombre restreint et déterminé de pièces constituantes, telle est la règle de l'immense majorité des Dicotylées. Ce n’est donc plus un rameau entier, ni sa partie médiane et basale, mais uniquement sa sommité, c’est-à-dire les cycles d’appendices les plus voisins de ce sommet, ou encore un axe d’une faible étendue, qui donnent lieu à la fleur. Dans cet ordre de genèse florale, les cycles, gouvernés le plus ordinairement par les nombres 2-4-5, sont eux-mêmes au nombre de quatre principaux qui prennent les noms, à partir du plus inférieur, de calyce, corolle, androcée et gynécée. Seulement l’androcée est fréquemment composé de deux cycles d’étamines. Cette fleur, qu’on pourrait presque qualifier de normale chez les Dicotylées et dont les différenciations ont été innombrables, caractérise un très grand nombre de familles dont certaines doivent être rangées parmi les plus anciennement fixées. C'est ce que l’on est amené à reconnaître lorsque, faisant abstraction des soudures et des irrégularités postérieures, on s'attache uniquement au groupement des cycles de pièces florales ou d’éléments sexués, donnant lieu à une combinaison définie.

Il en est ainsi des Araliacées (en y englobant les Ombellifères), dont le plan très simple, une fois réalisé, n’a plus donné lieu qu’à des variations des plus secondaires. Fixé de bonne heure, ce type est ensuite demeuré immuable dans ses traits fondamentaux. La prompte soudure des carpelles, soit entre eux, soit avec les autres cycles d'éléments a doté les Araliacées propres d’un gynécée 4-5 mère, souvent di-tétramère, jusquà 10-12 mère, gynécée symétrique avec les éléments des autres cycles de la fleur. Chez les Ombellifères, par contre, les carpelles ont été uniformément réduits à deux, encore distincts et séparables dans le fruit. Cette réduction du gynécée à deux carpelles,

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soudés plus ou moins en un ovaire « dimère », reparaît dans une foule de types; elle répond à une des combinaisons les plus fréquentes et les plus naturelles que l’évolution florale des Dicotylées ait accomplie.

La détermination du nombre régulier des éléments sexués et de leurs cycles, à la suite de la contraction de l'axe, constitue le premier stade de l’évolution florale des Dicotylées; c’est ainsi qu’un certain nombre de plan floraux ont dû se réaliser. L'élimination par avortement ou appauvrissement graduel, enfin la soudure et les variations morphologiques par hypertrophie, allongement ou atténuation relatifs des parties, ont dû faire le reste. Mais à ce moment de l’évolution des types floraux, les familles qu'ils servent à caractériser étaient déjà arrêtées dans leurs linéaments fondamentaux. C’est à l’intérieur de chacune d'elles qu'on peut suivre cette dernière évolution en définissant l’amplitude du mouvement qui correspond à l’ensemble des notations différentielles des divers genres compris dans ces familles.

À cet égard, il en est de particulièrement intéressantes. Ce sont celles qui sont ordonnées par enchaînement. L’histoire des plantes de M. Baïllon présente sur ce point de précieux enseignements et l’on peut y suivre, pour ainsi dire, la marche de l’évolution considérée dans un ordre formé de plusieurs séries partielles reliées entre elles, à partir de celle dont le plan floral résulte d'éléments plus distincts, moins réduits et d’une ordonnance plus régulière. Ce plan floral typique peut alors être pris comme représentant le point de départ de toutes les combinaisons subséquentes, que celles-ci tiennent à des soudures, à des éliminations ou à des déviations morphologiques. C’est ainsi qu'après avoir considéré l’évolution générale de l'appareil floral des Dicotylées, on redescend vers les effets secondaires de cette même évolution. C’est à ces combinaisons d’un ordre inférieur que l’on applique le nom de « genre » et ce sont elles qui constituent les subdivisions des familles et des tribus ou sections de familles. Ce sont là, du reste, des termes purement conventionnels, créés par les naturalistes pour exprimer des catégories de caractères, hiérarchisées d’après leur importance relative. En réalité, il n’existe aucune limite déterminée, séparant la variété de l’espèce et celle-ci du genre ou de la tribu; pas plus que la tribu n’est distincte véritablement de la famille.

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