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MARCHE DE L'ÉVOLUTION A L'INTÉRIEUR DES FAMILLES

On observe toujours des diversités organiques d'un degré plus ou moins élevé, distribuées d’après une échelle ascendante, dont les échelons ne peuvent s’isoler qu’à raison des vides ou lacunes intercalés.

Les Saxifragacées peuvent servir à la démonstration de cette complexité croissante des éléments de la fleur, si l'on prend pour

Fig, 123. — Complexilé et soudure croissantes des parties de la fleur dans le groupe des Saxifragacées (d'après Baillon). — A, fleur normale de Crassula montrant des carpelles indépendants et des étamines libres d'adhérence réciproque. — B, coupe longitudinale, par le milieu d’une fleur de Saxifraga dont les carpelles sont soudés à la base en un seul ovaire et libres supérieurement. — C, fleur d’un autre Saxi/raga montrant une soudure plus avancée de ses diverses parties. — D, soudure plus avancée de l'ovaire avec l’androcée devenu supérieur et la base de la corolle, dans une fleur de Saxifragacée (Æscalonia). — E, coupe longitudinale par le milieu d’une fleur de Ribes, montrant le degré de soudure le plus avancé auquel l'appareil floral du groupe des Saxifragacées puisse donner lieu, — Ces divers organes sont légèrement grossis,

point de départ, à l’exemple de M. Baïllon, les Saxifrages dont la fleur pentamère, avec un double cycle d’étamines, présente deux carpelles, tantôt distincts, tantôt soudés à moitié ou totalement en un ovaire biloculaire, libres jusqu’à la base ou plus ou moins engagés dans le calice. — Les Crassulacées, groupe

contigu, ont des fleurs presque semblables, mais dont les car-

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pelles sont au nombre de 4 à 5; cette même pluralité des carpelles (4-6) se retrouve chez plusieurs Saxifragacées (Cephalotus, Parnassia, Francoa); et le degré de soudure de ces organes varie également sans rien enlever à l’évidente parenté de tous ces genres. Les variation de nombre des carpelles, toujours soudés et infères ou semi-infères distinguent l’un de l’autre les Deutzia, Philadelphus, Escalonia, et l'on passe de ces genres à l'ovaire à deux carpelles intimement soudés et à corolle épigyne des groseillers. Les deux loges carpellaires libres, soudées en une capsule déhiscente à la maturité, reparaissent avec les Cunoniées, pour éprouver de nouvelles variations chez les Hamamélidées dont les carpelles semi-adhérentes sont toujours au nombre de deux et les fleurs souvent monoïques. Celles-ci conduisent aux liquidambars et aux platanes. Les fleurs des premiers, en glomérules, sont unisexuées et appauvries, avec des vestiges de structure hermaphrodite; mais les capsules bivalves, enchassées en grand nombre dans la substance du capitule qui constitue le fruit, accusent encore la présence des deux carpelles typiques. Les organes floraux des seconds, tout à fait réduits, n’offrent guère que les parties indispensables à la reproduction. c’est-à-dire un groupe d’étamines, d’une part, et, de l’autre, des groupements de 2 à 8 carpelles par fleur, dont les fertiles donnent lieu en se développant, à une boule sphérique que recouvrent les fruits serrés et mutuellement comprimés, que nous connaissons. Tout le reste est à l’état de résidus; mais les carpelles libres indiquent la présence d’une combinaison florale très ancienne, par laquelle les sexes séparés de bonne heure et l’élimination, par appauvrissement, de toutes les pièces accessoires ont réalisé un état de choses entièrement distinct de celui que nous présentent les vraies Saxifrages; bien que vraisemblablement il s'agisse d’un point de départ commun, d’où plusieurs séries, s’'avançant à la fois, se seraient graduellement engagées dans des voies plus ou moins divergentes. Pourtant les liens qu’elles auraient gardés , plus ou moins étroits ou relâchés selon les cas , rendraient encore leur parenté reconnaissable aux yeux des analystes qui les scrutent attentivement.

Il y a effectivement des appareils floraux qui sont constitués par l’appauvrissement, l’atténuation et l'élimination des parties non indispensables, de telle sorte qu’à l’opposé de ce qui existe

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