PROPORTION RELATIVE DES FAMILLES LES PLUS NOMBREUSES
que nous considérons avait dès lors acquis une remarquable uniformité dans ses éléments constitutifs, d'un bout à l’autre de la zone boréale? C’est un premier point auquel se trouvent subordonnées toutes les divergences locales ou régionales.
Ce qui ressort encore de l'examen de la flore du Dakota-group, c’est que le dédoublement des Dicotylées, pour mieux dire leur distribution en ordres et en familles, était tellement avancée que l’on ne saurait, en passant ceux-ci en revue, constater dans leur série d’autre lacunes que celles qui résultent naturellement du passage d’une flore à l’état fossile, état nécessairement incomplet, la moindre portion des végétaux existant ou, si l’on veut, les seuls types prépondérants sur un point donné ayant eu la possibilité de laisser des vestiges reconnaissables. En un mot, prises dans leur ensemble et par la composition de leurs éléments, en ce qui concerne les Dicotylées, ces premières flores cénomaniennes ne s’écartent pas sensiblement de celles qui suivirent, sauf les nuances que nous mettrons dans leur jour tout à l’heure. On est donc bien forcé d’en conclure, qu’au moins par leurs traits principaux, les Dicotylées de la craie propre, même la plus ancienne, différaient peu de ce qu’elles furent plus tard, lors du tertiaire et surtout dans la première moitié de cette période.
Prenons, par exemple, les Dicotylées de Gelinden. Nous observons la série suivante de familles.
Cupulifères. Salicinées. Urticées.
Laurinées. Caprifoliacées. Araliacées, Ampélidées. Hamamélidées. Renonculacées.
Ménispermacées. Dilléniacées. Sterculiacées.
Célastrinées. Rhamnées. Myrtacées.
Sauf leur nombre plus restreint, comme il convient à une flore locale assez peu riche en espèces, ces familles sont presque toutes les mêmes que l’on observe soit dans le Dakota-group, soit au Groënland. La proportion ne varie pas sensiblement si l’on consulte la plus riche des flores éocènes, celle des gypses d’Aix-en-Provence. Le nombre des familles, comparé à celui de la totalité des espèces, qui est dans la proportion de 1 à 4, 3 pour le Dakota-group ‘; de 4 à 3,8 à Atané, soit environ d'un
1. En opérant un triage plus sévère et ne tenant compte que des seules PHANÉROGAMES. 1. — 8
114 STADE ANGIOSPERMIQUE. — DICOTYLÉES PRIMITIVES.
quart ‘, s’élève quelque peu à Gelinden et à Sézanne, où il est comme 1 à 3,4 et 1 à 3,3 ou d’un peu moins d’un tiers; mais ce même nombre redescend à Aix-en-Provence, où il est dans la proportion de 4 à 4,6, plus d’un cinquième et moins d’un quart. Au fond, la proportion générale reste à peu près la même et chaque famille compte plus ou moins d'espèces suivant que la flore dont elle fait partie est plus ou moins riche ou plus ou moins explorée. Pour ce qui est des genres, malgré l'incertitude que laisse souvent leur détermination, on voit que, dans le Dakotagroup ?, leur nombre est dans la proportion d’environ 4 dixièmes relativement au nombre total des espèces; on compte donc en moyenne 2, 6 espèces par genre. À Atané, le même nombre excède 4 dixièmes (4, 6), c’est-à-dire que chaque genre ne compte guère, plus de deux espèces en moyenne. À Gelinden, la même proportion relative se maintient; enfin, à Aix, le nombre des genres (62), comparé à celui des espèces de Dicotylées (176), n’est plus que d'environ 3, 5 dixièmes, ce qui donne un peu moins de 3 espèces (2,8) par genre. Mais si, au lieu du nombre proportionnel des genres vis-à-vis de celui des espèces, on considère le nombre de genres que comprend en moyenne chaque famille, on reconnaît que dans les flores cénomaniennes du Dakotagroup et d’Atané, ce nombre est de 1,7; qu’il s'élève à 2, 4 dans la flore paléocène de Gelinden et à 2, 8 dans celle d’Aix. On peut conclure de ces chiffres que, d’une façon générale, les genres ont tendu à se multiplier en passant de la craie dans l’éocène, chaque famille lors de cette dernière période en comprenant un nombre plus fort qu'auparavant.
Nous sommes certains que, dès la craie supérieure, les Dicotylées étaient partagées, comme maintenant, en Apétales, Gamopétales et Dialypétales : nous sommes également assurés qu'il existait dès lors des familles à carpelles distincts, soit monocarpées, comme les Laurinées, Anacardiacées et Légumineuses, soit polycarpées comme les Magnoliacées, Ménispermées, Nélum-
familles dont la présence est établie sur des indices non controversés, le chiffre proportionnel n’est plus que 3,6 et se confond presque avec celui que donne Atané.