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MARCHE ÉVOLUTIVE DE CERTAINS GROUPES

qui avait présidé au développement initial de la classe avant l'heure de son extension géographique. Nous avons admis théoriquement que, de cette évolution originaire, étaient provenus un certain nombre de types basés sur une combinaison organique spéciale et que chacun de ces types, une fois constitué dans un sens et sur un plan déterminés, était devenu tout aussitôt le point de départ d’une suite de modifications dont les termes successifs et les divers points d'arrêt répondent à autant de genres ou sous-genres, entre lesquels le type se trouve finalement subdivisé. On conçoit que, de ces genres, qui marquent les étapes de la marche à laquelle l’ensemble des Dicotylées a été soumis, les uns n’aient eu qu'une existence éphémère ou qu’ils aient disparu après une vie plus ou moins longue, tandis que la plupart, à partir au moins d’une certaine époque, se sont perpétués jusqu’à nous et se trouvent encore représentés sous nos yeux par un certain nombre d’espèces.

Considérons à ce point de vue, c’est-à-dire en suivant la marche évolutive des genres, quelques-unes des familles dont la craie nous a conservé les vestiges. Notre choix se bornera naturellement aux principales et nous distinguerons celles qui ne sont, pour ainsi dire, que des genres agrandis, telles que les Myricées, Salicinées, Laurinées, Myrsinées, Araliacées, etc., d’autres familles chez lesquelles les enchaînements entraînent des combinaisons disposées dans un ordre ascendant, c’est-à-dire partant d’un état relativement simple, qui marque le point de départ et aboutissant au point d’arrivée unique ou multiple, qui coïncide avec le plus haut degré de complexité organique auquel le type soit parvenu. Les familles de cette seconde catégorie, qui nous importent plus que les autres, puisque chez elles les effets de l’évolution demeurent visibles, sont les Cupulifères, les Magnoliacées, les Nymphéacées et les Légumineuses. Ce sont aussi les seules qui nous aient fourni assez d'indices pour nous autoriser à jeter les yeux sur elles.

Le type des Myricées touche à celui des Cupulifères auquel M. Baillon le réunit; il a été formé par appauvrissement. Les feuilles rapprochées d’un petit rameau, converties en bractées, portent chacune à leur aisselle un axe ou bourgeon floral très réduit, dont les feuilles ont donné naissance à un faisceau d’étamines, dans les fleurs mâles, à un ovaire bicarpellé dans les fe-

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melles. L’ovaire est accompagné de deux bractéoles collatérales à sa base; celles-ci deviennent accrescentes et servent à l'ovaire de tégument; mais, dans le Comptonia, les deux bractéoles sont plus développées et portent parfois à leur aisselle une fleur rudimentaire en forme de glande. La métamorphose est donc ici plus incomplète que dans les Myrica propres et ces deux sousgenres sont eux-mêmes moins complexes que celui des Faya, dont les bractées, soudées entre elles, donnent lieu à un syncarpe ou fruit agrégé. La présence constatée des Comptonia, à côté des Myrica propres, dès le cénomanien, n’a done rien que de conforme à la marche présumée de l’évolution dans ce petit groupe !.

Les axes ou rameaux florifères des Faginées, dont nous avons parlé précédemment, sont contractés en glomérules. Les feuilles de ces axes, transformées en bractées, entourent ou supportent les fleurs qui répondent, comme chez les Myricées, à des bourgeons de seconde venue. Ce sont les feuilles bractéales du glomérule femelle, étroitement rapprochées, qui constituent par accrescence un involucre commun, déhiscent et quadrilobé à la maturité. Ici, l'ordonnance régulière des éléments de la fleur gouvernés par le nombre trois ou ses multiples, l'homomorphie qui atténue la différence entres les appareils de l’un et l’autre sexe, les bractées involucrales souvent foliacées, enfin les cotylédons épigés et foliacés dans la germination dénotent une combinaison réalisée de bonne heure. La séparation des Faginées en deux groupes, l’un austral, l’autre boréal, très distincts par la physionomie bien que génériquement identiques, tend à confirmer la grande antiquité relative du type. Il est donc conforme aux lois de l’évolution de le rencontrer, dès le cénomanien, soit en Amérique, dans le Dakota-group, soit mème, à ce qu’il paraît, en Europe, à Niederschæna. Ce type n'aurait varié depuis lors que pour donner lieu à des formes spécifiques.

Le type des Castaninées, issu d’une combinaison différente, sur laquelle nous nous sommes déjà expliqués, a eu d’autres destinées ; il s’est dédoublé et, à l’aide de modifications successives, il a donné naissance d’abord aux Dryophyllum et, par eux, aux Castanea et Castanopsis; finalement aux Quercus. Ceux-ci se constituent par une séparation plus complète des appareils

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