‹ L'évolution du règne végétal: Les phanérogamesChapitre 75 sur 162 · NS EL · texte numérisé non relu

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Fig. 130. — Feuille vivante et feuille fossile du Smilaz maurilanica Desf. — Pour montrer la persistance, sans variation appréciable, d'un type spécifique de Monocotylée, depuis le milieu des temps tertiaires jusqu'à nos jours. — A, Smilar maurilanica pliocenica, feuille complète, d’après un exemplaire provenant du pliocène inférieur du Cantal, recueilli par M. B. Rames. — B, feuille du Smilar maurilanica actuel, du midi de la France, reproduite comme terme de comparaison. — Grandeur légèrement

diminuée.

polycarpiennes ont ébauché leurs traits, était parvenu à son terme et dans plusieurs directions simultanées, lorsque les épigynes et les gamopétales ont arrêté les leurs. C’est là ce qui explique les vestiges plus nombreux des premières dans les étages où les Angiospermes commencent à se montrer.

Nous avons vu qu'il existait des familles de plusieurs sortes et que les unes, dites familles par enchaînement, laissaient voir à l'intérieur de chacune d'elles la même marche du simple au composé que présente la classe tout entière. Dans ces familles qui ont généralement laissé des vestiges de leur ancienneté relative, les genres représentent les termes successifs d’un plan

floral d’abord arrêté seulement dans ses éléments essentiels, puis tendant à se compliquer graduellement, par fusion, réduction ou élimination de certaines parties. Les Magnoliacées , les Renonculacées, les Nymphéacées, les Saxifragacées, les Légumineuses et bien d’autres nous ont offert ce caractère. Les genres répondent alors à l’un des degrés successifs ou des termes simultanés de cette évolution particulière.

A côté des familles par enchainement, il en est d’autres qui résultent d’une combinaison unique, devenue assez constante pour servir de type à toute une réunion d'espèces, s’élevant parfois à un nombre des plus considérables. Les Laurinées, les Ombellifères, les Crucifères, etc., sont des exemples de ces familles qui, malgré la fixité du type principal, ont donné naissance à une suite indéfinie de modifications partielles. Ges sortes de familles ne sont véritablement que de grands genres favorisés à un moment donné par les circonstances et dont l'extension géographique ainsi que l'importance numérique justifient seules la place systématique.

Il est encore des familles, comme les Graminées, qui répondent plutôt à un état organique qu’à une combinaison spéciale. Ici, les éléments de la fleur demeurés läches, peu transformés et facilement réductibles, ont donné lieu à des dédoublements sans fin qui permettent de passer d’un genre à l’autre sans grand effort et qui ont donné naissance à des races héréditaires tellement voisines, qu'elles défient parfois le coup d’œil du botaniste le plus sagace de parvenir à tracer entre elles des limites divisoires.

Enfin, si la notion de l'espèce échappe souvent à l’analyse, dans la famille angiospermique, pour peu que celle-ci soit touffue, distribuée en genres nombreux et féconds, cette notion se réduit encore, jusqu'à n'être qu'un équivalent de la variété ou race localisée, lorsqu'il s’agit de familles établies sur une combinaison organique peu saillante par elle-même, salliant avec une tendance vers la différenciation indéfinie des parties accessoires, demeurées polymorphes. Ici donc, l’uniformité du type coïncide avec la multiplicité des variations secondaires, dès que ce type, prédestiné par sa souplesse à s'étendre au loin, est par cela même devenu cosmopolite.

Nous prendrons pour exemple les Ampélidées qui, non seule-

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