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LE SOCIALISME D'ETAT DE NAPOLEON III

tinct des masses qui prennent conscience de leurs besoins.

On n'avait pu obtenir en i849 ^^ ^^^^^^^ ^^^ coalition. En 1860 paraissent un certain nombre de brochures, dites brochures rouges, non hostiles à l'Empire, premières feuilles volantes du parti ouvrier, qui réclament ce droit avec énergie. Mêmes exigences dans le Manifeste des Soixante aux élections de i863. En dépit des résistances du Corps législatif, le gouvernement finit par céder et fit voter la loi de 1864, qui reconnaissait le droit de coalition et de grève, tout en maintenant les anciennes dispositions concernant le droit de réunion et d'association.

Après la guerre dltalie, Napoléon III cherchait à se conciher de plus en plus les classes ouvrières, afin de tenir par elles en échec la bourgeoisie libérale, la fronde des mécontents suscités par la politique libre-échangiste, et le parti républicain qui commençait de nouveau à lever la tête. A leur insu, les chefs du mouvement ouvrier favorisaient cette politique. Aux élections générales de i863, Tolain et ses amis publiaient le Manifeste des Soixante, qui proposait les premières candidatures ouvrières, au grand mécontentement de la démocratie bourgeoise : on leur reprochait avec fureur de diviser l'opposition.

En même temps qu'ils tentaient l'action politique, les ouvriers se jetaient inconsidérément dans l'action économique et faisaient un usage insensé du droit de grève.

Sous l'impression que les grèves des dernières

années n'ont eu aucun succès, et en conséquence des rapports plus étroits des ouvriers français et des ouvriers anglais, à la suite des expositions de Londres (1862) et de Paris (1867), pendant laquelle siégea un véritable Parlement du Travail, le vœu de créer des associations fixes, au lieu de coalitions passagères, prend de plus en plus d'importance. Favorable à ces désirs, le Ministre du Commerce déclare officiellement (28 mars 1868) que, malgré la loi de 1791, les syndicats ouvriers, en tant qu'ils ne s'occupent pas de politique et ne portent pas atteinte à la liberté du travail, sont assurés de la même tolérance administrative que les syndicats de patrons et d'entrepreneurs.

Ces libertés nouvelles ne sont pas favorables à la paix sociale. Les syndicats poussent comme des champignons, et produisent une nouvelle fièvre de grèves.

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