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L'INTERXATIOXALE ET LA COMMUNE

L'initiative vint des ouvriers français. A la suite de l'Exposition de Londres et d'un meeting à Saint-Martins Hall^ Tannée suivante, l'Internationale fut fondée le 28 septembre i863. Parmi les membres dirigeants, le plus influent était Karl Marx, qui devait introduire des idées nouvelles dans le socialisme européen.

Il fut chargé de rédiger l'adresse inaugurale. Il prétend établir que la misère des classes laborieuses ne s'est pas amoindrie de 1848 à 1864, que le capital seul a pu accaparer tout le profit. C'est la dépendance économique des ouvriers à l'égard du capital et des propriétaires fonciers, — c'està-dire des détenteurs des moyens de travail, des sources de vie, — qui est la cause de leur servitude sous toutes ses formes. Pour obtenir l'émancipation économique, les prolétaires doivent s'emparer de la puissance politique, disposer de l'Etat. Tous les efforts ont échoué jusqu'ici par manque d'union et d'entente. L'émancipation des ouvriers ne peut être obtenue que par une action méthodique et internationale. Elle doit être l'œuvre des travailleurs enx-mêmes. Leur but est non d'obtenir de nouveaux privilèges, mais d'anéantir toute domination de classe.

L'organisation était la suivante : les associations ouvrières s'unissaient en fédérations nationales, et envoyaient des délégués au Congrès annuel, qui nommait le Conseil général, organe de direction et de combat, dont le siège était à Londres.

L'Internationale avait attiré des gens de tout bord, trade-unionistes anglais, terroristes blan-

quistes, libéraux philanthropes, tels que Chaudey et Jules Simon, nihilistes russes, socialistes d'État, social-démocrates allemands. Des tendances si. contraires devaient se heurter dans les Congrès.

Au début, la section française, avec Tolain, Fribourg et ses amis (à Texception de Benoît Malon et de Varlin), représentait l'opposition modérée. C'étaient des proudhoniens pénétrés de Topposition de classe contre la bourgeoisie, ne voulant pas se laisser exploiter par la bohème bourgeoise. Ils ne cherchaient pas à renverser l'Empire et travaillaient à donner aux chambres syndicales un caractère non politique.

Ils se heurtèrent à l'opposition des marxistes pour qui le proudhonisme est une doctrine réactionnaire, un socialisme de petits bourgeois et d'artisans dirigé contre la concurrence plutôt que contre le salariat, et dont les tendances anarchistes s'opposent à l'enrégimentement.

D'autre part les jacobins hébertistes, les blanquistes reprochaient à Tolain et à ses amis d'être vendus au bonapartisme, et ils finirent par les supplanter.

Les tendances modérées se trouvèrent bientôt en minorité. Au Congrès de Genève (1866), on demande la réforme des impôts, la suppression des armées permanentes, la journée de huit heures. A Lausanne (1867), les coopéra teurs luttent contre les communistes : on ne vote que la nationalisation des moyens de transport. A Bruxelles (1868), on étend cette nationalisation aux mines. Enfin, à Bâle (1869), on vote la nationalisation du

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