‹ L'évolution du socialismeChapitre 7 sur 78 · LIXTERNATIONALE ET LA COMMUNE · texte numérisé non relu

LIXTERNATIONALE ET LA COMMUNE

sol, en laissant de côté la question de la propriété bâtie et du capitalisme industriel.

En dépit des programmes et des votes, l'action de l'Internationale fut assez faible, mais on croyait sentir partout sa main mystérieuse. Les gouvernants de TEmpire n'étaient pas fâchés de voir cette terreur salutaire imposée à la bourgeoisie. Ils permirent même à l'agitation socialiste révolutionnaire de se produire. Le césarisme social qui n'avait pu se concilier les ouvriers, se sentait fort de l'appui des paysans, et se présentait de nouveau comme un sauveur.

Le plébiscite donnait huit millions de suffrages à l'Empire. Mais Paris et les grandes villes avaient fait balle contre lui.

La guerre éclate. Au 4 septembre 1870, les républicains s'installent au pouvoir comme dans une maison vide.

La guerre mit fin au mouvement ouvrier qui avait commencé à se développer vers 1860, et accentua le mouvement révolutionnaire. Pendant le siège de Paris, les blanquistes tentèrent vainement de s'emparer de FHôtel de Ville et de renverser les répubhcains bourgeois. A la fin, ils réussirent. Après le siège, au 18 mars 1871, la populace devint maîtresse de Paris. Le mouvement se propageait dans quelques centres ouvriers de province, Lyon, Saint-Étienne, Marseille, Narbonne, Limoges. Ce troisième épisode de la guerre sociale, après l'insurrection de Lyon et les jour-

nées de Juin, fut un essai de gouvernement. La Commune naquit des désordres et des souffrances du siège. La petite bourgeoisie, le petit commerce frappé par le décret Dufaure qui, pour rétablir au plus tôt la régularité das affaires, fixait du i3 au 17 mars les échéances ajournées \ s'unirent au prolétariat parisien, dans un accès de colère contre le gouvernement versaillais et la démocratie rurale. Les paysans, las de la guerre, pressés de voir la paix conclue, avaient signifié leur volonté par les élections du 8 février. Gomme en 1848, la première assemblée convoquée par la République se composait en majorité de conservateurs, de monarchistes et de cléricaux.

La garde nationale joua le même rôle que les ateliers nationaux. Les masses prolétariennes, formidablement armées et à demi affamées, n'avaient plus d'autre ressource que leur solde de 1 fr. 5o par jour que le gouvernement régulier allait leur retirer.

Au début, la Commune obtint 180.000 voix. Les chefs, inconnus pour la plupart, appartenaient aux classes et aux milieux les plus disparates : révolutionnaires professionnels accourus de tous les coins de l'Europe, journalistes, bohèmes, réfractaires qui promènent sur le pavé des villes leur orgueil et leurs déceptions, enfin, quelques ouvriers. Ces hommes représentaient un capharnaûm d'idées et de doctrines : jacobins fossiles, revenants de 1848, blanquistes conspi-

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