m, 209, 16, noie
Gens de coar, gens de ville, et sacrificateurs,
Et docteurs. (V, 583, 36.) Je l'obtiendrai du sort, ou je jure vos yeux
Que les cieux, etc. (Vil, 241, 825.) Je le vois bien, cruelle. Adieu : qu'Acis évite
Mon courroux. (Vil, 266, 208.) Car d'autres gens m'ont dit qu'ils avaient admiré
Ce degré. (IX, 266.) J'eusse ainsi raisonné, si le ciel m'eût fait ange
Ou Thiange. (IX, 176, 8.)
Dans une pièce adressée à Mme de Thiange, on ne voit pas du tout pourquoi La Fontaine aurait voulu « escamoter » sa correspondante. Enfin, on ne pourrait trouver de meilleur exemple que ce dernier-ci, pour prouver que La Fontaine n'avait probablement aucune intention en écrivant le fameux vers tant admiré à la suite de Chamfort : dans Topera de Galatée, Clymène dit à la Nymphe, qui aime le berger Acis :
Quand on est de ce rang, Ton doit encourager Son berger. (VII, 259, 109.)
Du reste, comme nous Tavons déjà vu pour l'exemple tiré de la fable des Chèvres, exemple qui faisait Tadmiration de Nodier, en admettant cette critique admirative, et surtout très conjecturale, les vers (le deux pieds devraient être beaucoup plus propres que les trissyllabes à « escamoter » quelque chose ou quelqu'un. Or, pour deux que Ton pourrait citer, où le mètre semble bien rendre celte impression, « quelque chose a disparu », combien n'éveillent aucune autre idée que celte constatation très prosaïque : ce vers ne compte que deux syllabes. Voici d'abord les deux passages où il semble que le mètre soit adéquat à l'idée :
C'est promettre beaucoup; mais qu'en sort-il souvent?
Du Vent. (I, 398, 13.) L'homme au trésor arrive, et trouve son argent
Absent. (II, i37, 20.)
Soit. Mais fort souvent, et le plus souvent, il n'y a aucun effet perceptible :
Apprendre une plus douce et meilleure nouvelle Que celle De cette paix. (I, 176, 17.)
Au pied de ce château, dès la petite pointe
Du jour. (IV, 42t, 423.) Déesse des appas, écoutez les soucis
D^Vcis. (VU, 2:)6, 33.) D'Uowart tout rornement, avec le beau berger
Verger. (IX, 383.)
Enfin, quel effet d'harmonie « imitative » pourrail-on découvrir dans ce tout pelit vers qui contient comme Tironique résumé de la morale stoïcienne : abstine et sustinel
Que doit faire un mari quand on aime sa femme? Rien. (V, il i, 164.)
Je crois avoir suffisamment démontré qu'il ne faut pas faire entrer les effets d'harmonie imitative dans le compte des avantages et des inconvénients du vers libre. Il reste à établir le bilan exact des qualités et des défauts de ce procédé.
Quoique le vers de La Fontaine paraisse avoir été écrit plutôt pour les yeux que pour Toreille, il faut pourtant admettre que, comme tous les autres poètes, notre auteur s*est toujours adressé à un auditeur idéal, ou, si Ton préfère, à ce lecteur exercé qui n'a pas besoin de déclamer à haute voix, pour entendre chanter à son oreille le vers qu'il lit simplement des yeux. On peut, je pense, étudier un instant sa métrique au point de vue (le l'audition. En ce cas, il faut remarquer que les rimes léonines présentent dans le vers libre un inconvénient tout particulier.
Elles produisent dans les vers du poète des coupes imprévues. Prenons le passage suivant :
Voilà les vrais braillards. Mais laissons là ces gens :
Vous m'eakendez, je vous entends;
Il sufnt. Et quant aux merveilles Dont votre divia chant vient Trapper les oreilles, etc. (III, 128, 48.)
Ne pourrait-on pas entendre aussi bien ceci :
Il suffit. Et quant aux merveilles Dont votre divin chant Vient frapper les oreilles, etc.
De même pour ces vers :
Mais d*où vient qu*au Renard Ésope accorde un point,
C*est d'exceller en tours pleins de matoiserie?
J'en cherche la raison, et ne la trouve point.
Quand le Loup a besoin de défendre sa vie, etc. (Ilf, 133. 1.)
La rime léonine coupe ce dernier alexandrin en deux vers de six pieds :
Quand le Loup a besoin De défendre sa vie * .
Le meilleur exemple que l'on puisse donner de ces interversions du rythme produites par la rime léonine se trouve dans la fable du Vieillard et des trois jeunes hommes :
Il ne convient pas à vous-mêmes,
Repartit le Vieillard. Tout établissement
Vient tard, et dure peu. La main des Parques blêmes
De vos jours et des miens se joue également.
Nos termes sont pareils par leur courte durée.
Qui de nous des clartés de la voûte azurée
Doit jouir le dernier? Est-il aucun moment, etc. (III, 156, 13.)
Ne pourrait-on pas découper très naturellement dans le texte de La Fontaine les vers suivants :
Il ne convient pas à vous-mêmes,
Repartit le Vieillard,
Tout établissement vient tard, Et dure peu. La main des Parques blêmes De vos jours et des miens se joue également, etc.
Pour éviter cet unique mais incontestable inconvénient du vers libre, à savoir la disparition assez fréquente de la fin du vers pour Toreille, La Fontaine ne se rejette pas sur Tenrichissement, mais sur la répétition de la rime : c'est ainsi qu'il reprend plusieurs fois les mêmes assonances, féminines ou masculines :
Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait eo son bec un fromage.
Maître Renard, par Todeur alléché.
Lui tint à peu près ce lan^o^e :
Hé! bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli! que vous me semblez beau!
Sans mentir, si votre rama^^
Se rapporte à votre plumage, etc. (I, 62.) L* Athlète avait promis d*en payer un ta/ent;
Mais quand il le vit, le ga/ant N'en donna que le tiers; et dit fort franchement Que Castor et Poilu x acquittassent le reste. « Faites-vous contenter par ce couple céleste.
Je vous veux traiter cependant. (I, 100.)