‹ L'évolution du vers français au dis-septième siècleChapitre 152 sur 224 · A. P., I. 101; cf. Dclaporte, I. 207 sqq · texte numérisé non relu

A. P., I. 101; cf. Dclaporte, I. 207 sqq

4. E. du Méril criti(]ue ehcz Boileau un défaut commun ù tous les poètes

Un commentateur bienveillant défend son poète sur celte allitération probablement involontaire : « Peut-être que M. Despréaux Ta laissée exprès, afin que le son du vers répondît mieux à la chose qui y est exprimée *. »

C'est peut-être pour celle même raison que Boileau a été très scrupuleux pour Tharmonie de ses vers. Sa théorie est incontestablement juste :

Il est un heureux choix de mots harmonieux.

Fuïez des mauvais sons le concours odieux.

Le vers le mieux rempli^ la plus noble pensée

Ne peut plaire à l'esprit quand l'oreille est blessée. (A. P., I, 109.)

Dans la pratique, Boileau est à peu près irréprochable. Malherbe lui-même n'aurait pu souligner chez son disciple qu'un très petit nombre de cacophonies comme celles-ci :

Il sut qu'il n'était plus, grâce à sa vanité. (S. XII, 64.) Traçât à pas tardifs un pénible sillon. (Ë. HI, 60.)

(( Graçasava, traçatapata », eût certainement ajouté en marge TAristarque *. Brossette, critique sympathique, ne voit là qu'une beauté : il trouve que ce vers marque bien la démarche pesante d'un bœuf. Naturellement il devait finir, eu cherchant bien, par découvrir de l'harmonie imitalive dans son poêle; et peut-être est-ce avec l'assentiment de Boileau qu'il disait, à propos de ce vers sur une assiette qui

S'en va frapper le mur, et revient en roulant (S. III, 216) :

français, lorsqu'il dit, à propos « des consonnes muettes qui ne dissimulent l'hiatus qu'aux yeux :

Je reprends sur-le-champ le papie?' el la plume

nous semble vicieux, malgré l'aulorité de Boileau; le r n'empêche pas plus l'hialus que le / de la conjonction et..,. Le concours serait encore plus désagréable si les deux voyelles étaient les mêmes, comme dans ce vers de Boileau :

Et lout crie ici-bas : Thonneur, vive l'honneur!

La pause qui sépare les deux hémistiches n'empêcherait même pas l'hiatus de blesser l'oreille » (p. 471-172, notes).

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