‹ L'évolution du vers français au dis-septième siècleChapitre 151 sur 224 · VoUaire, Commentaire, I · texte numérisé non relu

VoUaire, Commentaire, I

2. Je citerai pourtant pour mémoire une assez bizarre théorie d'Ëdelestand <lu Méril : il prétend que certains vers de Boileau ont quatorze pieds; mais cette théorie n'a rien de spécial k notre poète, elle est plutôt une critique de la versification en général : « Il y a dans presque toutes les langues des mots terminés par une consonne sonore; lorsqu'ils ne sont point suivis d'une voyelle, on ne peut les prononcer sans faire entendre le son d'un e muet, qui ajoute réellement une sorte de syllabe au vers, et altère profondément le rythme, basé exclusivement sur l'égalité des syllabes. Les exemples en sont innombrables dans les idiomes fortement articulés. Nous n'en citerons qu'un seul, tiré de VÉpttre au Hoi de Boileau :

N'est point le prix tardif d'une lente vieillesse.

On entend distinctement quatorze syllabes : si le rythme n'est pas entièrement brisé, r'est que tardif est à l'hémistiche, où la pause faisait autrefois tolérer un e muet • (p. 65, noie).

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