‹ L'évolution du vers français au dis-septième siècleChapitre 165 sur 224 · rf., iôid · texte numérisé non relu

rf., iôid

in'eclaireront encore l'esprit *. » Pourtant soyons franc : il est aussi question dans cette lettre, une seule fois, de problèmes qui intéressent plutôt la poésie que le style : la slance « sur la plume blanche du Roi est un peu encore en maillot, et je ne sais si je la laisserai ^vec Mars et sa sœur la Victoire ». La voici, encore « emmaillotée » :

Voyez dans cette tempête Partout se montrer aux yeux La plume qui ceint sa télé D'un cercle si glorieux.

A sa blancheur redoutable Toujours un sort favorable L'attache dans les combats»

Et toujours, avec la gloire, Mars et sa sœur la Victoire Suivent cet astre à grands pas ^.

Boileau est un peu effrayé d'une pareille audace : « Ce que je vous prie, écrit-il à Racine, c'est de ne la montrer à personne, et de ne la point épargner. J'y ai hasardé des choses fort neuves, jusqu'à parler de la plume blanche que le Roi a sur son chapeau. Mais, à mon avis, pour trouver des expressions nouvelles en vers, il faut parler de choses qui n'aient point été dites en vers ^. » Jamais il n'était allé si loin : j*ai, dit-il à son ami, « épuisé pour Namur toutes les hyperboles, toutes les hardiesses de ma langue* ». Racine rassure son ami, lui donne quelques bons conseils, mais, malheureusement pour nous, supprime une lettre qui eût été une bien curieuse poétique du lyrisme, pour en causer avec Boileau : « J'avais commencé une grande lettre, où je prétendais vous dire mon sentiment sur quelques endroits des stances que vous m'avez envoyées. Mais comme j'aurai le plaisir de vous revoir bientôt, puisque nous nous en retournons à Paris, j'aime mieux attendre à vous dire de vive voix tout ce que j'avais à vous mander. Je vous dirai seulement, en un mot, que les stances m'ont paru très belles et très dignes de celles qui les précèdent, à quelque peu de répétitions près, dont vous vous êtes aperçu vousmême ^ » Ainsi encouragé et dirigé, Boileau se décide enfin à publier son ode et la fameuse strophe, ainsi corrigée :

Page 1