‹ L'évolution du vers français au dis-septième siècleChapitre 166 sur 224 · Ibid.y p · texte numérisé non relu

Ibid.y p

Contemplez dans la tempête Qui sort de ces boulevarts, La Plume qui sur sa tète Attire tous les regards.

A cet Astre redoutable, Toujours un sort favorable S'attache dans les combats :

Et toujours avec la Gloire Mars amenant la Victoire, Yole, et le suit à grands pas.

Mais, toujours tremblant de sa témérité, il compose un discourspréface assez humble, où, sans se mettre à genoux, il demande pardon au lecteur pour son excès d'audace : « J*y ai jeté, autant que j*ai pu, la magnificence des mots; et à l'exemple des anciens poètes dithyrambiques, j y ai employé les figures les plus audacieuses, jusqu'à y faire un Astre de la plume blanche que le Roi porte ordinairement à son chapeau, et qui est en effet comme une espèce de comète fatale à nos ennemis, qui se jugent perdus dès qu'ils Taperçoivenl. Voilà le dessein de cet ouvrage. Je ne réponds pas d'y avoir réussi; et je ne sais si le public, accoutumé aux sages cmportemenis de Malherbe, s'accommodera de ces saillies et de ces excès Pindariques. » Il ne devait rien gagner sur ses juges : ils lui firent un procès, qu'il perdit.

Boileau comprend bien que l'image inattendue, nouvelle, téméraire môme, est un des éléments de la poésie lyrique; mais cette image ne lui vient pas naturellement à l'esprit : quoi qu'on en ait dit ', il ne pense pas par métaphores; il s'efforce de traduire son idée en images : c'est un thème, et Boileau n'est pas fort en ce genre de thème : il raisonne, alors qu'il faudrait imaginer : il discute, pour prouver que ses images sont raisonnnables *. Il veut ainsi rassurer

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