‹ L'évolution du vers français au dis-septième siècleChapitre 179 sur 224 · Dans Racine · texte numérisé non relu

Dans Racine

Ai-jc donc élevé si haut votre fortune,

Pour mettre une barrière entre mon fils et moi? (H, 202, 145.)

Dans Shakespeare : « A-t-il donc mis une barrière entre Tamour de mes

le compalriole d'Henriette d'Angleterre, puisqu'il n'avait peut-être jamais entendu prononcer son nom.

Outre ces deux grands poètes, il faut encore signaler rinfluence de certains critiques, amis ou ennemis, dont Topinion a été souvent d'un grand poids auprès de Racine. Je ne parle pas, bien entendu, de Chapelain, dont Racine suit Tavis, mais, tout débutant qu'il est, avec d'assez malicieuses réserves *. Je songe d'abord au père Bouhours, dont Tinfluence, bien que tardive*, se fit assez fortement sentir sur notre poète. Avec le père Rapin, Bouhours est des amis intimes de Racine '. C'est à lui que le poète demande des critiques pour tout ce {\m touche la pureté de son style : au moment où il termine sa Phèdre, il lui écrit : « Je vous envoie les quatre premiers actes de ma tragédie, et je vous envolerai le cinquième, dès que je l'aurai transcrit. Je vous supplie, mon Révérend Père, de prendre la peine de les lire, et de mar(|uer les fautes que je puis avoir faites contre la langue, dont vous êtes un de nos plus excellents maîtres. Si vous y trouvez quelques fautes d'une autre nature, je vous prie d'avoir la bonté de me les marquer sans indulgence. » (VI, 515.) Le père Bouhours n'apprend pas à Racine à écrire purement, mais il le maintient du moins dans l'orthodoxie littéraire. Sans forcer la note, on peut penser que Racine lui a dû en partie d'avoir conservé celte pureté de langue qu'admirent même des ennemis plus ou moins déclarés. A la première représentation de Briiannicf/s, Boursault reconnaît que des « connaisseurs en trouvèrent les vers fort épurés.... Il est constant que dans le Britannicus il y a d'aussi beaux vers qu'on en puisse faire; et cela ne me surprend pas, car il est impossible que M. Racine en fasse de méchants * ». Après Phèdre, le Mercure galant est aussi élogieux : « M. Racine est toujours M. Racine, et ses vers sont trop beaux pour ne pas donner à la lecture le même plaisir qu'ils donnent à les

enfants et moi? • Richard III, se. XV. Traduction Fr. Victor Hugo, p. 378. — Dans Racine,

11 vous faudra, Seigneur, courir de crime en crime. (H, 319, 1344.)

Dans Shakespeare : • Je suis si loin dans le sang, que le crime entraîne le crime. ■ (/6m/., p. 385.) i. VI, 382-384.

2. Sa première œuvre critique est de 1674. — Cf. Doncieux, p. 177, note ; la première lettre où Racine parle du Jésuite est de 1676.

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