‹ L'évolution du vers français au dis-septième siècleChapitre 182 sur 224 · Cf. Fournel, les Contemporains de Molière (III · texte numérisé non relu

Cf. Fournel, les Contemporains de Molière (III

profit les attaques de ses ennemis Tépître de Boileau sur leur utilité.

Nous arrivons enfin à celui que la légende représente comme le Mentor de Racine. Peut-t^tre faudrait-il en rabattre un peu, et rendre aux deux amis leur véritable posture, en critiquaDt surtout le témoignage de Louis Racine qui, malgré toute sa piété Qliale, s*est acharné, on ne voit vraiment pas pourquoi, à faire du plus grand des deux poètes le très humble disciple de Tautre.

La première apparition de Boileau dans la vie de Racine date de 1663. Racine a fini la Thébaïde qu'on va bientôt jouer; il écrit à Tabbé Le Vasseur, probablement à propos de son ode à la Renommée, et certainement au sujet de critiques faites par Boileau : «( Je suis... fort obligé à Tauteur des remarques, et je Testime infiniment. Je ne sais si il ne me sera point permis quelque jour de le connaître » (VI, 508). Deux ans plus tard, à Tépoque ^' Alexandre^ ils sont déjà très étroitement liés. On les trouve à THôlel de Nevers, lisant, Tun une partie de sa nouvelle tragédie, Taulre ses satires (I, /i87). Mais nous n'avons encore aucun détail sur la prétendue infiuence de Boileau. Nous trouvons le premier document intéressant, à propos de XAndromaque^ si supérieure à V Alexandre, qu'elle semble écrite par un autre auteur. Louis Racine dit dans ses Remarques, en constatant les progrès de la versification, si forte et si harmonieuse à la fois : « Celte vigueur lui fut inspirée par Boileau devenu son intime » (I, lO/i); et dans ses Mémoires sur la vie de son père il affirme le même fait : dans y Alexandre, « le jeune auteur s'y livrait encore à sa prodigieuse facilité de rimer. Boileau sut la modérer par ses conseils, et s'est toujours vanté de hii avoir appris à rimer difficilement.... Andromaque fit connaître que le jeune poète à qui Boileau avait appris à rimer difficilement, avait en peu de temps fait de grands progrès » (I, 228-230). Un peu plus loin, il revient encore à la charge : « Ce fut en remarrjuant combien les vers de nrilannicm étaient travaillés, qu'il dit pour la première fois ce qu'il a souvent répété : C'est moi qui ai appris à M. Racine a faire des vers difficilement » (I, 241).

Sans doute L. Racine trouve que fauteur du Bolœana va un peu Irop loin quand il parle de la sévérité de Boileau pour les vers de Bajazet\ Mais il apporte encore un argument à l'appui de cette

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