‹ L'évolution du vers français au dis-septième siècleChapitre 197 sur 224 · Remarques^ l · texte numérisé non relu

Remarques^ l

3. « Long : thrôncy etc. Rome est à excepter » (p. 87). — Cf. Thurot, II, 687 : « Lanoue, Chifflet, Hindret, Buffier, s'accordent à donner pour longue la pénultième en one •».

4. • Pour la rime, il faudrait prononcer la Grèce comme on prononce la graisse »> (p. 322).

5. • eme douteux dans crème. Bref dans je sème. Long partout ailleurs » (p. 81).

cipc qu'il s'est permis un certain nombre de rimes normandes. A propos de ces deux vers :

Son frère plus que lui commence à me toucher : Devenu malheureux, il m*est devenu cher. (I, 470, i272.)

Louis Racine remarque que cette rime, très commune chez Corneille, est très rare chez son successeur*. D'Olivet est plus sévère : il trouve fâcheuse la rime suivante :

Attaquons dans leurs murs ces conquérants si fiers ; Qu'ils trembleut, à leur tour, pour leurs propres foyers *.

Telle n'était pas l'opinion courante au xvii® siècle, au témoignage de Port-Royal ^. Racine, sans employer souvent ce genre de rime, n'a pas pour lui d'insurmontable aversion, puisqu'il fait rimer : cher avec approcher (JII, 359, 972); arracher (II, 508, 627); chercher (II, 440, 1425); marcher (III, 382, 1375). fier avec associer (II, 501, 467).

fiers nYcc premiers *.

Dans des cas analogues à ces rimes normandes, il est quelquefois bien difficile de savoir si la rime est exacte parce que nous ne savons pas comment Racine prononçait. Ainsi, lorsqu'il met dans ses Plaideurs :

On n'entre point, monsieur.

C'est bien fait de fermer la porte à ce crieur (II, 190, 550),

on a supposé que la comtesse de Pimbesche prononçait crieu : la chose est assez vraisemblable pour une personne de qualité qui, présentée ou non, doit parler comme à la cour : or à Versailles on supprime volontiers Vr finale : on dit par exemple un « piqueu » pour un piqueur. Partant Léandre doit dire :

On n'entre point, meussieUy

i. Remarques j I, 53.

2. m, GO, 834 : « Dans foyei\ c*cst un c fermé, après lequel on ne fait point sentir l'r, ou du moins on ne la fait sonner que bien peu. Mais dans fiery c'est un e ouvert, après lequel on fait entendre Vr à plein. Ces deux sons étant si •diiïérenls ne peuvent donc pas rimer ensemble. Car la rime est faite non pour les yeux, mais pour l'oreiUe. On appelle ces sortes de rimes des rimes normandes, que nos versificateurs les plus exacts se permettaient autrefois, et que l'usage présent ne souffre plus. • (D'Olivet, p. 244, 245.)

3. « Quand l'auteur des Remarques sur la langue française dit que IV des infinitifs aimer, enflammer, etc., ne se prononce point, cela ne se doit entendre que dans la prose. » (Ch. 1, article 4.)

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