‹ L'évolution du vers français au dis-septième siècleChapitre 33 sur 224 · Remarques, éd. Chassang · texte numérisé non relu

Remarques, éd. Chassang

M Faute en là césure, dit-il, car hdtive s'aspire et par conséquent est tenu comme consonnante. » (IV, A16.) II n'admet pas non plus qu'on tourne la difficulté en remplaçant Ve muet par une apostrophe :

Grand' amour en grand'haine est souvent convertie.

« Grande haine, dit-il : Vh est aspirée » (p. 428).

De même pour Télision de Vi dans si : « S' elle peut brûler », dit Desportes. Malherbe met en marge : si (IV, 291).

Sera près de mon coeur, s' elle est loin de mes yeux.

« S'elle mal pour si elle » (p. 323) :

S' elle était sans rigueur, ce ne serait plus elle.

« Si ne se mange jamais, et faut dire si elle *. »

Cette question étant, comme nous Tarons vu, beaucoup plus importante que pour les cas où la différence d'orthographe n'intéresse que l'œil et nullement l'oreille, Malherbe conforme plus rigoureusement ici sa pratique à sa théorie. Là où nous constatons chez lui une orthographe bizarre, il y a le plus souvent conformité entre la forme et la prononciation de son temps : c'est de l'orthographe phonétique. C'est ainsi qu'il écrit segond, segret, au lieu de second, secret, parce qu'on prononce autour de lui : segond, etc. *. Lorsqu'il met à la rime dédagner au lieu de dédaigner,

Ton infidèle foi maintenant je dédagne (I, 9, 131),

c'est très régulier, parce que de Ronsard à Malherbe on prononce dédagner, se bagner, et que la prononciation actuelle ne prédomine qu'au milieu du xvii* siècle ^. Ce n'est pas pour la rime que le poète écrit :

Qu*à peine en leur grand nombre une seule se treu\:c, De qui la foi survive, et qui fasse la preuve.... (I, 59, 28.)

Car il écrit le mot treuver de la môme façon en prose *. II en est de même pour le cas suivant :

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