Éd. Chevreau, I
Mais il est des cas où notre poète semble avoir modifié l'orthographe pour obtenir des rimes plus satisfaisantes pour l'œil, ainsi lorsqu'il fait rimer regrettez avec félicitez *, t07i fis avec Men/is *, ou encore lorsqu'il écrit :
Et quelque assaut que je face L'oubli par qui tout s'efface ^.
Quelquefois la grammaire historique prouve que ces licences ne sont qu apparentes , que Malherbe conforme son orthographe en vers à Torthographe de la prose, par exemple lorsqu'il met :
... Que j'avais lorsque je couvri
Les plaines d'Arqués et d'/vri. (I, 167, 28.)
Vaugelas pense que cette façon d'écrire ne doit pas servir de modèle *. Tel n'est pas favis de Ménage : d'après lui, Vaugelas se trompe manifestement. On dit fort bien je couvrir je croi^ je di\ et si l'on ajoute une s à ces premières personnes, cela n'est « que par licence et en faveur des poètes » (p. 488). Celte dernière explication est mauvaise, mais la constatation de l'usage est intéressante à noter, et plaide en faveur de Malherbe. Je ne sais si l'on pourrait trouver une semblable excuse pour la singularité suivante :
Quand elles auront vu ce sujet qui ravL (I, 294, 9.;
La question est beaucoup plus importante lorsqu'une modification dans l'orthographe entraîne un changement dans la prononciation. Malherbe en pareil cas se montre rigoureux. Il critique nettement toute négligence dans l'élision, quand celle-ci est nécessitée par le vers, et défendue par la prononciation :
Je maudis mon offense, honteux et repentant. « Il se doit aspirer. » (IV, 176.) Ou encore :
Tandis la Renommée y hâtive messagère.
1. « Nous avons dit que dans récriture de Malherbe on ne distinguait pas toujours aisément l'^ du z. Aussi ne relèverons-nous que la seule permutation, sûre et constante, de ces deux lettres qui a lieu dans les finales de noms. d*adjectifs, de participes, es pour es. » Lexique, V, L3txv.