PRÉFACE. IX
versîfîcalion, qu'elle est moins étroite, plus large, plus compréhensive qu'on ne le suppose.
Je commence cette étude avec Malherbe, sans me dissimuler qu'en matière d'histoire il est toujours bien conventionnel de faire commencer un mouvement à une date précise; qu'il en est des œuvres humaines comme de tous les organismes, qu'il faut chercher bien loin, jusque dans la nuit des temps, leur germe initial. Un maître, du reste, a déjà dit que, « en somme, Ronsard et plus tard Malherbe n'ont guère fait que poser en règle ce qui existait à l'état d'usage de plus en plus général ou au moins de tendance * ».
Il serait donc très désirable qu'un Français fît l'histoire générale de la versification française , et nous évitât le désagrément de la voir sortir un jour d'un séminaire allemand. J'apporte à l'avance ma pierre à cet édifice, pour l'époque que je connais le mieux, ou le moins mal, comme on voudra.
J'ai tâché de mettre à profit le plus grand nombre possible de traités généraux ou de monographies , en choisissant surtout les œuvres les plus récentes. J'ai cité les noms les plus considérables sans les faire suivre de la moindre épithète laudative. Rien n'est plus fade, et plus percé à jour, que ces compliments qu'un auteur décoche aux critiques influents, aux personnages utiles, à charge de revanche. Ma seule façon de faire l'éloge des livres qui me semblent de première valeur a élé de les citer souvent, même en les discutant.
Il me reste à indiquer la liste des ouvrages que j'ai le plus souvent cités, non pas pour fournir une bibliographie complète du sujet, car la chose n'est pas encore possible. Elle le deviendra peut-être, grâce aux efl'orts de l'excellente société qui se forme pour lUistoire de la littérature française, grâce surtout à la Revue qu'elle fera paraître. Actuellement, pour la longueur démesurée de certains index bibliographiques, on
i. Gaston Paris, Préface du Vers français de Tobler, p. VII. M. G. Paris n'a pas renoncé, du reste, & écrire l'histoire générale de notre versification (cf. p. XVl).