Il, 313, 111; cf. lî
Pour le son ètte : Aœte avec sujette (VI, 267, 253 : avec défaite (VI, 267, 245); adroite el retraite (VU, 30. b±2):Jai faite avec Je la répète (l\\ ZbO, 1178);
Pour le son être : être avec connoitre (VI. 284, 672': avec croître (V, 17, 12;; prêtre a\ec paroi tre (VIII. 591, 263, etc.): renaître avec croître (M, 411, 1158};
Pour le son euit : cercueil el deuil ilW 292, 70):
Pour le son i : /îfo et Memphis (IV, 430, 37) : Jésus-Christ avec Saint-Esprit (IX, 480, 18) ;
Pour le son o : pots ei propos Ci, 28, 81);
Pour le son on : prompt et front (IV, 487, 1402, ^\c.); prompte avec Gérante (IV, 186, 850); avec Ao/i/^ (VI, 289. 800).
Il en est de même pour le son oué écrit ois^ comme nous Tavons vu dans fétude sur Malherbe : c*est ainsi que Corneille fait rimer francois avec poid:^ (IV, 297, 177); avec choix (X, 87, 2); harnais avec fois (III, 145, 711); lois et parlais (II, 449, 291); maladroit avec entreprendrait (II, 128, 31, etc.): monnaie avec renvoie (I, 408, 173); voix et ^flroî> (VIII, 165, 2490).
C'est en vertu de la même prononciation qu*il fait rimer la finale oître^ prononcée ouétre, avec le son aitre : cloître avec connaître (VIII, 120, 1585); connoitre avec repaître (IX, 442. 898), croître avec être (V, 17, 12); avec maître (VI, 427, 1517).
Quelquefois cette pauvreté de la rime pour Tœil n'est pas compensée par la richesse pour Toreille; et Tassonance est insuffisante, lorsque le lecteur cherche en vain dans la syllabe accentuée de la fin une voyelle commune ou les mêmes consonnes. C'est ainsi que, pour le son 6r,.nous trouvons : mal rimant avec Grimoald (VI, 34.
Pour le son è : souhait avec net (X, 159, 28); effets avec paix (X, 277, 355): palais nxec promets (V, 586, 1701):
Pour le son i : revit avec David (IX, 185, 20).
Cela nous fait prévoir que Corneille se montrera également très accommodant, au sujet de la rime riche, pour toutes les questions d'oreille.
Corneille en effet se donne si bien du large, à propos de la règle générale de Malherbe et de ses subdivisions, que Ton pourrait
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résumer ainsi sa pratique : il agit comme si Malherbe ifavail jamais formulé de code sur ce point, ou même semble prendre plaisir à violer tous ses préceptes. C'est de Tillégalité de parti pris, presque de l'anarchie .
Les longues riment avec les brèves à chaque instant : âge avec avantage (VII, 402, 533); avec Carthage (VI, 475, 39); avec courage (VI, 196, 1461); avec partage (VI, 380, 409); avec suffrage {y l 620, 1645);
Ame avec femme (VI, 48, 671, elc); avec Madame (I, 429, 587, etc.); flamme avec da?ne (I, 531, 427); avec Madame (VII, 483, 474, etc.); infâme avec femme (VI, 32, 279, etc.); Pâme avec Madame (I, 457, 1139).
Grâce, ou disgrâce, avec audace (II, 264, 770, etc.); avec Crasse (IV, 69, 1004); avec Curiace (111, 313, 712); avec efface (III, 434, 117); avec efficace (VIII, 667, 1824); avec espace (IX, 470, 17); avec face (VIII, 624, 951); avec fasse (V, 94, 1732); avec glaces (I, 152, 174); ^xac. menace (III, 563, 1647); ^VQZ passe (}\, 454, 401); avec/?/acéf(IV, 506, 1815); avec populace (III, 537, 1079); avec race (V, 386, 1547); avec trace (VI, 264, 217).
Pour le son ^, il y a actuellement une tendance à ne pas insister sur la différence entre les longues et les brèves. Les contemporains de notre auteur étaient plus scrupuleux : « Je doute fort, dit Tabbé d'Âubignac, que nos poètes rigoureux approuvent que M. Corneille ait rimé assiège à privilège, mais il est certain que la prononciation n'a rien de conforme, au moins à Paris; je ne sais pas comment on prononce ces mots en Normandie. Les modernes ont condamné ces rimes d'écriture dans Ronsard et dans ceux de son temps; mais le nom de M. Corneille est en possession de faire passer pour bonnes les choses qui ne le sont pas. » (XII, 513-514.) Corneille aurait admis volontiers ces nuances de prononciation, lui qui avait imaginé trois s diflerentes pour écrire reste, estes et tempeste (I, 8). Pourtant il fait rimer diadème avec même (IV, 469, 995); avec suprême (V, 91, 1675); abîme et légitime (VIII, 370, 2267); chôme a somme (X, 174, 3); pôle avec désole (IX, 143, 39); avec parole (IX, 141, 3, etc.); rôle avec parole (I, 176, 575, etc.); trône et Ildione (VIII, 151, 1057, elc.) ; dû et perdu (VII, 417, 907) ; sûre et murmure (VII, 482, 461).
La différence du reste n'est pas toujours très perceptible : car si certaines de ces longues sont très sensiblement différentes des brèves correspondantes, par exemple grosse et 7'osse^ d'autres sont si rapprochées que la différence est presque insaisissable. Ajoutons à cela que nous ne sommes pas toujours certains que les longues et les brèves actuelles correspondent très exactement à la prononciation du xvii* siècle.
Nous pouvons être plus affirmatifs pour tous les cas où le nombre des syllabes du vers nous indique que, malgré la défense de Malherbe, une diphtongue, où la synérèse a lieu, rime avec une autre diphtongue, que la diérèse coupe en deux.
C'est ainsi que justifi-é rime SiYccpi'tié (IX, 275, 5); meurtri-er Si\ec héri'tier (V, 165, 224); pri-ère avec al-tière (II, 366, 509) avec en-tière (VI, 170, 837); avec lu-mière (III, 546, 1264) avec singulière [\lj 349, 181); anci-ens avec siens (IX, 538, 6) avec tiens (X, 188, 54); li-ens avec biens (III, 449, 1447); avec chrétiens {III, 569, 1781); avec miens (III, 111, 104, etc.); avec siens (VII, 258, ISdh); patrici-e^ine uvac mienne (V, 191, 804); audaci-eux avec lieux (V, 76, 1334); contagi-eux avec yeux (II, 412, 1463); c uri-eux aixec yeux (IV, 339, 968); furi-eux avec yeux (11^ 361, 411); glori-eux avec yeux (V, 372, 1229); odi-eux avec Dieux (II, 384, 879); avec mieux (VI, 138, 91); avec yeux (V, 27, 178, etc.); offici-eux ^yetyeux (II, 382, 847); préci-eux avec deux (VIII, 147, 2117); avec Dieux (VI, 174, 952); avecmieux (VII, 251, 1210); avec yeux {l\l, 162, 120, etc.).
Ce genre de fautes, si toutefois on peut appeler cela une faute, n'est guère sensible qu'à la réflexion, lorsqu'on a le texte sous les yeux. Il n'en est pas de môme pour les rimes de Chartres, très sonores, et très désagréables.
Sans doute il ne faut pas ranger tout à fait dans ce cas la rime de mur, écrit meur, avec humeur, puisque, comme le remarque M. Marty- La veaux. Corneille écrit toujours ainsi ce mot, aussi bien dans l'intérieur du vers qu'à la fin, et qu'il avait le droit, devant les hésitations de l'usage entre meur et mur, de le prononcer comme il le voulait *. Pour un autre cas. Corneille modifie l'orthographe et la prononciation de sur, parce que, pendant sa longue carrière, il
\. II, 102, 1587. - Cf. Thurol, I, 516.
voit l'usage se modifier, et passer de seiir à sur \ Aussi, à ses débuts, fait-il rimer .V(??//' avec sœur (I, 190, 797); avec possesseur (II, 261, 703); tandis qu a partir de Swéna il met sin^e avec ynurmure (VII, 482, 461); avec mesure '.
Au contraire, lorsque la rime de Chartres n*est qu'apparenle, c'est-à-dire lorsque la différence d'orlhographe est compatible avec l'identité du son. Corneille, pendant toute sa vie de poète, admet cette rime comme très valable ; par exemple ils ont eu rime avec yne laisses-tu (II, 279, 1080); abattu (VIII, 292, 667); cru (VIII, 648, 1438); débattu (III, 403, 395); rabattu (II, 231, 135); vertu '.
A plus forte raison, trouve-t-on chez lui un très grand nombre de rimes normandes.
Jupiter rime avec accepter (V, 389, 1625); anêter (II, 448, 27b); contester (VI, 328 , 1755); mériter (V, 387, 1586); monter (VI, 656, 1823); persécuter (V, 379, 1398); ;?o;7é>r (V, 360, 968) ; redouter (V, 375, 1296); Lysander avec accorder (VII, 17, 204); demander (VI, 13, 96); hasarder (VII, 60, 1295); Macer avec percer (VI, 577, 52); Saint-Omer avec alarmer (X, 329, 47).
Peut-être ne faut-il tenir compte des rimes normandes où ligure un nom propre, que dans une certaine mesure, puisque, comme nous le verrons pour les noms propres terminés par une sifllante, la prononciation en est assez délicate à établir. Le phénomène est plus simple à observer pour les noms communs.
Air rime avec accorder (IV, 305, 290); dissimuler (II, 354, 284); donner'; s'envoler (I, 330,992); hurler (I, 221, 1305); parler' (I, 198, 913, etc.); amer avec aimer (VII, 88, 1925); charmer (I, 491, 1785); enflammer (VIII, 238, 1264); former (X, 274, 324); tramer (VI, 163, 687); chair avec approcher (VIII, 231, 1128); chercher (VIII, 579, 6); détacher (VIII, 548, h9b»); pécher (X, 47, 6); retrancher (VUI, 530, 5552); trébucher (VIII, 499, 4927); cher avec arracher (I, 195, 858); attacher (VII, 475, 291); bûcher (IV, 87, 1455); cacher (I, 176, bl!\\\