‹ L'évolution du vers français au dix-septième siècleChapitre 1 sur 247 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Le titre de ce livre a besoin d'être expliqué. Il pourrait laisser croire que j'adopte, dans une étude d'histoire littéraire, une hypothèse, fort discutée encore, de l'histoire naturelle, et que je prends le mot « évolution » au sens où le prend l'Ecole évolutionniste. Ma visée est plus modeste. J'emploie ce mot dans l'acception qu'il a reçue en général, d'après Littré : « développement d'une idée, d'un système, d'une science, d'un art ». C'est ainsi que j'en usais, dès 1883, lorsque j'indiquais le germe de la théorie que je développe aujourd'hui : « Il n'y a pas entre le vers de Racine, que l'on peut prendre comme type de l'alexandrin, et le vers romantique, de différence essentielle : ce dernier est plutôt le terme d'une évolution commencée au xvn" siècle ' . »

Depuis cette époque, j'accumulais les études de détail, les monographies sur la versification des grands poètes, sans oser les publier en bloc, par défiance pour une théorie générale que je croyais juste, mais qui n'était encore qu'une hypothèse très contestable, lorsqu'un heureux hasard me fit découvrir dans un livre pourtant assez souvent cité, les Remarques de Louis Racine sur les tragédies de son père, un passage capital que l'on trouvera reproduit et commenté au chapitre vi, § 5. Dès lors je pouvais proposer un système qui, assez vraisemblable en lui-

1. T)e la convention dans la trafjédie classique et clans le drame romantique, p. 96. Hachette, 1883.

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