Cf. Notice biographique, I, cxlu-cxlv
Vous mentez : j'en sçay un. Vous le scavez de même '.
Hors de là! Ah! Ah! Ah! (VII, 302.) '
J'entends. Mais gardez-vous de lui en ce moment. (VII, 406, 70.)
En somme, pour nous en tenir aux œuvres authentiques de La Fontaine, et aux hiatus incontestables, je n'en trouve que quatre :
Oh la! oh! descendez, que l'on ne vous le dise. (I, 202, 45.) 0 vent donc, puisque vent y a. (II, 39.3, 36.) Chapitre donc, puisque chapitre y a. (V, 416, 77.) Telle refuse, Qui après muse ^.
Certes il n'y a pas la moindre dureté dans de pareilles rencontres. Ces hiatus sont d'autant plus pardonnables, qu'il n'y a pas d'autre façon d'exprimer ces pensées, et qu'il serait fâcheux de sacrifier l'intérêt de l'idée à une question d'harmonie très controversée. L'hiatus (( il y a » est plus harmonieux que beaucoup de rencontres de sons semblables séparés pourtant par une consonne.
Ce dernier cas est très rare chez la Fontaine. Il n'y a pas de poètes chez qui l'on trouve aussi peu de cacophonies. C'est que La Fontaine aurait pu s'appliquer à lui-même, avec quelques variantes, sa fable sur ceux qui ont le goût difficile, sur ces délicats qui ne peuvent jamais se satisfaire eux-mêmes. Philinle pour les autres, Alceste pour lui-même (ce qui est la bonne méthode), il se corrige sans cesse. On sait au prix de quels efforts il arrive à la grâce.
Son vers est si harmonieux que j'ai trouvé seulement ces quelques passages où l'on pourrait relever une certaine dureté :
Or un jour qu'au haut et au loin. (I, 134, 9.) Le juge prétendait qu'à tort et à travers. (I, 138.) Nous prenions chacun une faucille. (I, 358, 60.)
Exerça sa fureur. (I, 246, 30.) Le Charton dit au Porc : « Qu'as-<w tant à te plaindre? » (II, 271, 13.)
Plus j'y pense et plus j'en enrage ■^ Je ne vous voulais point alléguer la patrie. (VII, 616, 356.)
Quant aux vers monosyllabiques, ils sont si nombreux dans les Fables que l'on en peut conclure ceci : La Fontaine n'y trouvait aucune faute contre l'harmonie, quoi qu'en eût pu dire Malherbe.