‹ L'évolution du vers français au dix-septième siècleChapitre 116 sur 247 · VERS MONOSYLLABIQUES · texte numérisé non relu

VERS MONOSYLLABIQUES

Car loi, Loup, tu le plains, quoiqu'on ne l'ait rien pris. (I, 137, \'t.) Car que faire en un gîte, à moins que l'on ne songe. (I, 171, 2.) J'en veux faire à ma tête. Il le fit, et fit bien, (l, 204, 80.) Ce que je vous dis là, l'on le dit à bien d'autres. (I, 252, 19.) Je le fais; et je baise un beau sein quand je veux. (I, 272, 14.) Il prend à tous les mains; il meurt; et les (rois frères. (I, 339, 32.) Ce que je tiens, dit-il, est-il en vie ou non? (I, 342, 11.) Qu'il eût du chaud, du froid, du beau temps, de la bise. (II, 13, 12.) Dans l'ombre et dans les fers. — A ces mots il se livre. (II, 293, 3C.) Mit son lit en plein champ, loin des toits, sous les cieux. (II, 295, 48.) Que ne l'a-t-il donc dit? Mais nul d'eux ne l'a su. (II, 297, 78.) Qu'il plaît au Sort : c'est là l'un des points de leur loi. (II, 391, 11.) On perd du temps au choix, on tente, on veut tout faire. (II, 429, 34.) Est pris, mis en un sac; et ce qui fut le pire. (111, 4, 8.) Le nôtre, un peu trop vieux pour voir au fond des eaux. (III, 19, 8.) Pour un âge et des temps qui n'en ont plus que faire. (III, 24, 15.) Le conte est du bon temps, non du siècle où nous sommes. (111,47, 10.) Plus ils sont, plus il coûte; et je ne les tiens bons. (III, 97, 36.) En est-il? dit le Loup. Pour moi je n'en vois guère. (III, 191, 87.) Dieu fil bien ce qu'il fit, et je n'en sais pas plus. (III, 229, 42.) On en vient sur un rien pour les trois quarts du temps. (III, 229, 44.) Je le veux, dit le Loup : il m'est mort un mien frère. (III, 234, 38.) Peu de grands sont nés tels en cet âge où nous sommes. (111,249, 11.) Car, si je ne suis Dieu, tout au moins je suis roi. (VII, 176, 543.) On ne vous l'a pas dit peut-être au fond d'un bois. (VII, 220, 480.) Que ma bouche en dit moins qu'il n'en est dans mon cœur. (VII, 602, 94. )

La conclusion, c'est que là où La Fontaine semble se rapprocher de Malherbe et se conformer à ses règles sur l'harmonie des vers, il ne fait qu'obéir à son instinct de poète, ou, si l'on préfère, suivre ce raisonnement : à égalité de valeur intrinsèque, de deux pensées, celle qui est rendue de la façon la plus mélodieuse est supérieure à l'autre, et, en somme, plus poétique. Mais, sitôt que la règle de Malherbe lui semble plus formelle que réelle, lorsqu'elle interdit, par exemple, l'hiatus non parce qu'il est dur, mais parce qu'il présente une rencontre de voyelles, si douce qu'elle soit; lorsqu'elle proscrit le vers monosyllabique, non point parce qu'il est dur, mais parce qu'il se compose de mots d'une syllabe, La Fontaine s'insurge nettement, et ne prend conseil que de son génie.

Nous Talions prouver tout à l'heure

pour la rime.

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