‹ L'évolution du vers français au dix-septième siècleChapitre 152 sur 247 · Vaugelas, I, 229. — Cf. Tburot, 1, p. -4o4-4oo · texte numérisé non relu

Vaugelas, I, 229. — Cf. Tburot, 1, p. -4o4-4oo

car « toute la cour, remarque Vaugelas, dit filleul et filleule^ et toute la ville filial et filiale ' ».

Je ne citerai plus que deux exemples de ces apparentes singularités d'orthographe et de prononciation : avecque et mêmes; lorsqu'il a besoin d'une syllabe en plus, Molière écrit avecque :

Vous êtes romanesque avecque vos cliimères. (I, 107, 31.) Qxïavecque ses écrits elle me laisse en paix. (I, 42i, 327.)

Non seulement c'est une facilité que s'accordent presque tous les poètes du xvii" siècle, mais même les deux formes s'employaient concurremment en prose : « Avec et avecque sont tous les deux bons, et ne sont pas seulement commodes aux poètes pour allonger ou accourcir leurs vers selon la nécessité qu'ils en ont, mais encore à ceux qui écrivent en prose avec quelque soin de satisfaire l'oreille, soit pour former la juste mesure d'une période, soit pour les joindre aux mots avec lesquels ils rendent le son plus doux et la prononciation plus aisée, soit enlin pour empêcher dans la prose la mesure des vers. » (I, Zi2/i.)

Vaugelas n'aurait non plus rien trouvé à critiquer dans ce vers :

Et mêmes à mes yeux cent sujets d'en avoir (I, 406, 607),

puisqu'il disait à propos de mesme et mesmes, adverbe : « Tous deux sont bons, et avec s, et sans s - ».

Je crois avoir énuméré presque tous les genres de licences, ou plutôt d'apparentes licences d'orthographe et de prononciation dans Molière. Si pourtant, ce qui est très possible, quelque chose m'avait échappé, le lecteur devra se mettre en garde lui-même contre la tentation de prendre pour une liberté excessive ce qui n'est qu'une singularité d'orthographe; il ne faut pas perdre de vue ce que Lenain de ïillemont écrivait en 1692 : « On ne se croit pas obligé de rendre aucune raison particulière de l'orthographe qu'on a suivie. Comme c'est une chose qui n'a point encore de règle parmi nous, chacun a liberté de choisir celle qu'il luy plaist. L'auteur a cru pouvoir user de cette liberté, et suivre en cela le conseil des autres,

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