‹ L'évolution du vers français au dix-septième siècleChapitre 170 sur 247 · Correspondance, I, 611, uole · texte numérisé non relu

Correspondance, I, 611, uole

■2. Réponse de Gliapelain, I, 036, 637.

3. " Quant à Thomme que vous appelez mon prototype, il a valu beaucoup en son temps, mais non pas assez pour me rendre son imitateur, comme vous le supposez. Plus jeune de douze ans que je ne suis, j'ai remarqué en lui des défauts où j'eusse été bien marri d'être tombé. « (Lettre à INllIe de Gournav, •10 décembre 1632, I, 18.)

o. Il ne faut pas prendre en effet pour autre chose qu'une banalité cet éloge <le -Malherbe, amené « pour terminer sa phrase » : Chapelain écrit à Balzac, à propos d'un mauvais sonnet, qu'il ne pense pas que " ce soient des vers qu'on peut comparer à vos latins ou aux français de .Malherbe" (I, 469).

6. Chapelain dit à propos d'une tragi-comédie de Boisrobert, la Belle Paline :

Chose singulière, et qui raurait probablement rendu tout confus, s'il avait pu s'en douter, Boiieau au fond ne pense pas autrement que Chapelain. Car on se tromperait fort si Ton prenait le passage de l'Art Poétique que j'ai cité plus haut, pour l'opinion complète de Boiieau. Il estime l'écrivain chez ^lalherbe, il admire le versificateur exact, le maître de la césure, le proscripteur de l'enjambement; mais il est trop bon critique pour aller plus loin, et pour voir dans Malherbe un grand poète : « La vérité est, écrit-il à Maucroix le 29 avril 1695, et c'était le sentiment de notre cher ami Patru, que la nature ne l'avait pas fait grand poète. Mais il corrige ce défaut par son esprit et par son travail. Car personne n'a plus travaillé ses ouvrages que lui, comme il paraît assez par le petit nombre de pièces qu'il a faites Racan avait plus de génie que lui. »

Il est fâcheux que, jugeant si bien le poète, Boiieau se soit trompé assez gravement sur le versificateur, qu'il ait suivi l'opinion courante, et qu'il l'ait renforcée de sa propre autorité : car toute sa prosodie est, sauf quelques légères atténuations, la reproduction de celle de Malherbe; c'est un nouveau coup d'État contre les libertés du vers français, moins violent que le premier, mais très sérieux encore *.

La Quantité.

Sur ce point pourtant, il faut reconnaître que Boiieau garde vis-à-vis de Malherbe une certaine indépendance. Il ne pense pas que la quantité adoptée par son maître devienne par cela même officielle et définitive. C'est ainsi que, au témoignage de Voltaire, il a contribué puissamment à faire modifier la quantité des mots comme poète et ouate ^ qui ne correspondait plus à la prononciation. Ils étaient dis-

« Tous les vers à la vérité n'en sont pas beaux, mais il y en a grande quantité, et quelques-uns même ne sauraient être meilleurs, quand le bon Malherbe revivrait pour y travailler avec sa plus docte lime. » (Lettre à Balzac, 20 janvier 1640, I, 559.)

1. La poésie éprouve de temps en temps le besoin de se ressaisir, de supprimer des libertés devenues licences, ou des régimes autoritaires devenus tyranniques. Il y a comme une série de coups d'I'ltat dans son histoire, et leurs auteurs s'appellent Malherbe, Boiieau, Victor Hugo. Alfred de Vigny. — Cf. Dorison, Alfred de Viijny poète philosophe, p. 335 sqq.

syllabes au temps de Malherbe : Boileau, « ({iii a beaucoup servi à lixer la langue », met trois syllabes à tous les mots de cette espèce :

Si son astre en naissant ne l'a ïormé poète. (A. P., I, 4.) Où sur Vouatc molle éclate le tabis*.

Mais il a toujours suivi la règle de Malherbe qui interdit d'employer le même mot avec deux quantités différentes. Son vers sur ce point est donc parfaitement régulier -. 11 en est de même pour l'hiatus.

Hiatus. — Cacophonie. — Vers monosyllabiques.

On connaît son texte de loi conforme à la jurisprudence de Malherbe :

Gardez qu'une voyelle, à courir trop hâtée, Ne soit d'une voyelle en son chemin heurtée ^.

Il serait, je crois, impossible de trouver dans Boileau le moindre manquement à cette règle : si le critique poète avait eu sur ce point la plus légère inadvertance, la troupe de ses ennemis aurait bien vite triomphé, et l'aurait forcé à se corriger \ C'est ainsi que Desmarets avait souligné cette cacophonie :

C'est un pédant qu'on a sans cesse à ses oreilles. fS. IV, US.)

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