A. P., I, 107; cf. Deiaporle, I, 267 sqq
i. E. (lu Méril critique chez Boileau un (Icfaul cuniinun à tous les poètes
Un commentateur bienveillant défend son poète sur cette allitération probablement involontaire : « Peut-être que M. Despréaux l'a laissée exprès, afin que le son du vers répondît mieux à la chose qui y est exprimée *. »
C'est peut-être pour cette même raison que Boilcau a été très scrupuleux pour l'harmonie de ses vers. Sa théorie est incontestablement juste :
Il est un heureux choix de mots harmonieux.
Fuïez des mauvais sons le concours odieux.
Le vers le mieux rempli, la plus noble pensée
Ne peut plaire à l'esprit quand l'oreilie est blessée. (A. P., I, 109.)
Dans la pratique, Boileau est à peu près irréprochable. Malherbe lui-même n'aurait pu souligner chez son disciple qu'un très petit nombre de cacophonies comme celles-ci :
Il sut qu'il n'était plus, grâce à sa vanité. (S. XII, 64.) Traçât à pas tardifs un pénible sillon. (E. III, 60.)
« Graçasava, traçatapata », eût certainement ajouté en marge l'Aristarque ^ Brossette, crili(|ue sympathique, ne voit là qu'une beauté : il trouve que ce vers marque bien la démarche pesante d'un bœuf. Naturellement il devait hnir, en cherchant bien, par découvrir de l'harmonie imitativc dans son poète; et peut-être est-ce avec l'assentiment de Boileau qu'il disait, à propos de ce vers sur une assiette qui
S'en va frapper le mur, et revient en roulant (S. III, 216) :
français, lorsqu'il dit, à propos « des consonnes muettes qid ne dissimulent l'hiatus qu'aux yeux :
Je reprends surde-champ le papie*' et la plume
nous semble vicieux, malgré l'aulorité de Boileau; le r n'empêche pas plus l'hiatus que le t de la conjonction et.... Le concours serait encore plus désagréable si les deux voyelles étaient les mêmes, comme dans ce vers de Boileau :
Et tout crie ici-Ijas : l'honneur, vive l'honneur!
La pause qui sépare les deux hémistiches n'empêcherait même pas l'hiatus de blesser l'oreille •> (p. 111-172, noies).